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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /Sep /2009 14:53

Voyage en Chine                                                   Auteur: Marie-Lyne        

 


 

Par l'intermédiaire d'une agence de voyage, Phung, Hien, Hanh et moi, nous décidons de faire un voyage en Chine.

Kodak étant en vacances en France, je la fais marcher de la porte de Choisy via le jardin des Plantes, Notre Dame de Paris jusqu'aux Champs Elysées pour chercher nos billets à Virgin Megastore.

 

Vendredi 1er juin 2001


Il est 17 h. Nous décollons avec une heure de retard. Hien prend place près de son frère. Je papote avec Phung. La durée du vol est de 9h30.

 

Samedi 2 juin 2001


Arrivée à l'aéroport de Pékin à 8h30, heure locale. Le guide nous attend. Nous sommes un groupe de huit personnes. Nous montons dans le car qui nous emmène dans la ville, nous traversons une large autoroute bordée de bouleaux. Une heure après nous arrivons à l'hôtel qui est situé dans le quartier des ambassades. Michel, notre guide s'occupe des différentes formalités pendant que nous attendons dans le hall d'entrée. Par curiosité, nous étudions la carte des boissons: 120 francs pour un thé ... Hien se demande si ce n'est pas une boisson aphrodisiaque !!

 

Nous nous reposons dans notre chambre jusqu'à midi, puis c'est le déjeuner à l'hôtel. Nous nous retrouvons devant une table ronde et les serveurs nous apportent huit plats différents !!

En voici la composition :

  •   Soupe aux œufs et au tofu
  •   Omelettes aux tomates
  •   Porc sauté à la sauce aigre douce
  •   Céleri sauté au porc
  •   Poisson cuit à la sauce d'huître
  •   Bœuf sauté au concombre
  •   Poivron sauté avec du porc
  •   Riz nature
  •   Dessert : pastèque.

Pendant le repas les couples se présentent:

 

Maria et Raymond : couple à la retraite.

Patricia et Norbert: femme policier et cuisinier.

Hien et Phung.

Hanh et moi.

 

Après ce copieux repas nous allons visiter un des nombreux sites de Pékin.

 

Beijing ou Pékin se trouve à l'est de la Chine avec une population de 12 millions d'habitants, c'est la capitale du pays.

Au sixième siècle avant JC, Pékin devient la capitale du royaume Yen. L'histoire de Pékin débute vraiment en 1215, année ou Gengis Khan réduisit à feu la ville qui se reconstruisit. En 1638 Zhu Yuanzhang prit Pékin et fonda la dynastie Ming. En 1453, le premier empereur Ming transfère la capitale à Nankin. En 1644, les Mandchous franchirent la grande muraille et renversèrent les Ming. Ils régnèrent jusqu'en 1911.

Pendant la dynastie Ming, Pékin et l'ensemble de la Chine furent marqués par des luttes de pouvoir, ce qui entraîne l'incendie du Palais d'été en 1860 par les troupes Anglo-Françaises, le règne corrompu de l'impératrice douairière Cixi, la révolte des Boxers, l'occupation des japonais en 1937 et enfin le Guomindang après la défaite des nippones avec Sun Yat Sen. L'entrée de l'armée de libération du peuple mit fin à ces troubles. Le premier octobre 1949, Mao proclamait la République populaire de Chine.

 

Michel nous emmène donc visiter le Palais d'Eté qui est un immense parc contenant les édifices de l'époque Qing. Le site était un parc impérial depuis le douzième siècle. L'empereur Qianlong au 18 è siècle fit approfondir et agrandir le lac Kunming par 100.000 ouvriers environ. Puis ce parc fut mis à l'abandon. L'impératrice Cixi entreprit de le rénover et fit construire un bateau de marbre au bord du lac. La cour se rendait au Palais d'Eté  pour échapper à la chaleur torride de l'été et l'accent fut mis sur les symboles rafraîchissants: l'eau, les jardins, les collines.

Le bâtiment principal est celui du Palais de la Bienveillance et de la longévité. Il abrite un trône en bois et était utilisé par l'empereur pour traiter des affaires d'Etat. Plusieurs temples se dressent sur la colline de la longévité. Une longue galerie longe la rive Nord du lac. Elle représente de scènes de légende et mesure 700 m de long. D'après Michel, c'est le  plus grand corridor peint et décoré dans le monde.

 

Phung propose au groupe de faire une promenade sur le lac Kunming, proposition adoptée à l'unanimité. Michel hésite un peu car ce n'est pas prévu au programme puis accepte. Il va faire la queue pour l'achat des billets. Nous embarquons dans un bateau rouge avec un toit de tuiles rouge en forme de pagode. Il nous dépose sur l'autre rive et l'on profite pour admirer le paysage. La vue est splendide ; en face plusieurs temples se dressent sur la colline de la Longévité. Après avoir rempli nos yeux de ce spectacle nous reprenons le bateau  qui nous ramène auprès du palais de la Bienveillance et de la Longévité. Nous croisons ce fameux bateau de marbre, j'imagine les fêtes que l'impératrice Cixi a dû donner sur ce grand bâtiment.

 

Nous quittons le Palais d'Eté pour nous diriger vers le Temple des Lamas, qui dit-on est le plus beau de Pékin. Au départ c'était une résidence du prince Yin Zhen (1723) et devint en 1744 une lamaserie. On pénètre dans le temple par trois portiques richement ornés. L'ensemble des cinq principaux palais est ordonné le long d'un axe où ils s'échelonnent du plus petit au plus grand. Les styles sont variés : mongol, tibétains et chinois. Un petit détail pour chaque palais : le premier palais, le Lokapala abrite une statue du Bouddha du Futur entouré de gardiens célestes. Le second palais, Yonghedian représente trois représentations du Bouddha : Passé, Futur, Présent. Le troisième palais Yongyoudian renferme les Bouddhas de la longévité et de la médecine... Le Palais de la Roue et de la loi contient une grande statue en bronze de Tsong Kapa, fondateur de la secte des bonnets jaunes. Ce bâtiment de style tibétain sert à l'étude et à la prière. Dans le dernier palais, le pavillon Wanfu, se trouve une statue de 18 m de haut du Bouddha Maitreya sous sa forme tibétaine sculptée dans un seul bloc de santal.

 

Nous sortons de ce temple les yeux remplis de ces merveilleuses images, nos paupières sont néanmoins lourdes car nous n'avons pris aucun répit depuis notre arrivée. Sans pitié, Michel nous traîne pour nous emmener voir l'Opéra de Pékin. Ce n'est pas vraiment la grande représentation du grand Opéra mais la prestation est assez bonne. Malheureusement, nous sommes tellement épuisés que peu d'entre nous apprécient ce spectacle. Trois classiques chinois sont présentés ; malgré notre extrême fatigue, on admire le maquillage et les mimiques des acteurs surtout la scène du singe Sun Wukong qui sème la pagaille dans le temple des dieux. En sortant du théâtre, un spectacle amusant s'offre à nos yeux : à l'entrée sur l’esplanade, des chinoises en rang dansent le Madison sous la direction d'une chorégraphe locale... Phung se glisse parmi elles et esquisse quelques pas de danse... Nous éclatons de rire … Mais il est grand temps d'aller se coucher !

 

Dimanche 3 juin 2001


Après une bonne nuit de sommeil et un solide petit déjeuner, tout le monde se met en route pour le tombeau des Ming. Le paysage est très agréable, beaucoup de pêches aux fruits nacrés et roses nous donnent envie de croquer ces pêches au teint si délicat !! On arrive devant l'allée des statues qui représente douze animaux de pierre réels ou mythiques puis douze statues humaines (généraux, ministres, fonctionnaires).

 

Michel nous mène au tombeau de Dingling qui fut le premier tombeau à être mis à jour entre 1956 et 1959 et ouvert au public. Treize des seize empereurs Ming sont enterrés dans cette zone de 40km2 appelée aussi les 13 tombeaux. Dingling est le monument funéraire de l'empereur Wanli (1573-1620). Cinq cent mille ouvriers auraient œuvré. Wanli  et ses deux épouses impériales ont été inhumés dans des cercueils doubles entourés de plaque de jade brut. Nous entrons dans un escalier souterrain qui ressemble assez à une bouche de métro. Nous descendons quatre niveaux et on se retrouve devant deux cercueils vides qui ressemblent à des coffres en pierre d'une banque  On est un peu déçus, la seule consolation dont on peut tirer c'est qu'il fait frais. Nous remontons et visitons le musée ou des reliques sont exposées, mais rien de remarquable (vêtements, bijoux, armes).

 

Nous partons ensuite visiter une fabrique de jade. A l'accueil des hôtesses nous attendent. Un film sur le jade, ses propriétés, son lieu de prospection est donné. Puis c'est la visite des ateliers de fabrication du jade, c'est travaillé à la fraise sous un écoulement d'eau pour diminuer la poussière. Enfin on arrive vers les lieux de tentations : le shopping. Le magasin est immense et comporte un étage, le jade blanc, vert, se présente sous toutes ses formes en bijoux : animaux (tigres et dragons sont souvent représentés), poteries, fruits (surtout la pêche) et même des choux chinois finement ciselés. Phung et moi, nous succombons et choisissons chacune un médaillon ovale de jade vert serti d'or. Les maris, avec un léger sourire crispé sortent leurs portefeuilles.

 

Le car repart pour Badaling à la découverte de la Grande Muraille de Chine à 70km du Nord Ouest de Pékin. La grande Muraille est appelée par les chinois " long mur des dix mille Li" (5000 km). Sa construction a débuté il y a plus de 2000 ans sous la dynastie Pin pour se protéger des incursions des nomades. Des centaines de milliers d'ouvriers parmi lesquels de nombreux criminels et prisonniers de guerre contribuèrent à la tâche. La portion de muraille à Badaling a été restaurée en 1957 et se dresse à 1000 m d'altitude. Il fait très chaud (près de 35° C). Nous grimpons avec enthousiasme les premières marches. Quelle extraordinaire aventure !! Quand je pense que c'est le seul monument que l'on peut apercevoir de la lune. Au fur et à mesure que l'on gravit les marches, l'enthousiasme diminue, le sourire disparaît et les premiers signes d'essoufflement apparaissent. Hanh abandonne la partie à mi chemin, ses jambes déclarant forfait. Heureusement qu'il y a des tours de guet qui permettent aux pauvres touristes de se reposer un peu à l'ombre. Hien, Phung et moi nous continuons péniblement. Je suis au bord de l'épuisement mais par amour propre, j'arrive à une traîner au sommet, juste une hauteur de plus que Phung et Hien. En descendant, je ne sens plus mes jambes et je dois m'accrocher à la rambarde. A mi-chemin, nous gravons nos initiales sur un plan de mur, histoire de laisser un petit sourire. Passer mon corps souffrant et endolori sur la banquette du bus climatisé est pour moi un luxe inouï.

En attendant que tout le groupe soit réuni, je demande à Michel si l'on pourrait assister à une pratique de la médecine chinoise traditionnelle. Michel réfléchit un peu puis acquiesce. Le groupe est ravi.

 

Nous arrivons devant un hôpital d'état ou une charmante dame aux cheveux gris nous accueille. Devant un grand poster représentant un corps humain, elle nous explique très brièvement les principes de l’acupuncture, la théorie du Ying et du Yang. Puis nous montons au premier étage. Dans une petite salle, des pupitres et un tableau blanc sont disposés comme pour nous inviter à nous asseoir tels de sages écoliers. Nous prenons place et la dame qui s'avère être le chef de service propose à l'un membre du groupe une consultation gratuite. L'heureuse élue est Maria. Un homme en blouse blanche vient palper son pied et diagnostique certaines pathologies qui s'avèrent être justes. Le groupe féminin est emballé et désire aussi se faire examiner. Phung passe en premier et j'attends mon tour avec impatience. Mais quand j'entends énumérées les maladies supposées de Phung, le nombre de pilules à ingurgiter à chaque repas (15 unités), le prix des médicaments (environ 800 francs par mois), je me rétracte vivement ainsi que les autres membres du groupe et l'on s'en va sans rien acheter. Les hommes du groupe abhorrent un sourire triomphant et Hanh rigole sous cape !! Quant à moi, le profil bas et toute penaud, je ne proclame plus sur les toits que la médecine traditionnelle chinoise était mon initiative !!

 

On va ensuite manger dans un restaurant où un spectacle de danse ethnique est proposé. De charmantes jeunes filles attachent à chaque poignet un brin de laine rouge censé être un porte bonheur. Pour mémoriser cette soirée, Phung et moi, nous nous prenons en photo ensemble.

 

Lundi 4 juin 2001


Nous partons vers 9 h 30, direction place Tien An Men qui est le cœur de Pékin, une grande place pavée. Les derniers grands défilés eurent lieu ici durant la révolution culturelle lorsque Mao, portant le brassard des gardes rouges, passait en revue des défilés de plus d'un million de personnes. En 1989, les soldats et les chars d'assaut de l'armée écrasèrent les étudiants qui manifestaient en faveur de la démocratie. Des monuments du passé et du présent se dressent autour de la place Tien An Men (porte de la paix céleste), le palais des musées, le mausolée de Mao et le monument aux héros du peuple. Nous nous promenons sur ce lieu historique, remplis de pensées différentes. Une énorme effigie de Mao est affichée sur la porte Tien An Men. Les chinois passent devant indifférents et vont vaquer à leurs occupations. Je m'attendais à voir une multitude de vélos chevauchés par des chinois en uniforme. Mais je ne vois que des personnes habillées à l'occidentale circuler à pied ou en voiture, les cycles sont rares.

 

Michel nous mène à la cité interdite. Il y a 200 ans, le prix d'entrée à un étranger était la mort immédiate. Cette cité fut construite entre 1406 et 1420 par l'empereur Yong Le. Les empereurs dirigèrent ce palais souvent d'une manière désordonnée car ils avaient tendance à perdre contact avec la réalité de ce monde clos et souvent les eunuques avaient les rênes du pouvoir. En principe, il faudrait au moins une journée voire plus pour la visite tellement que les dimensions du palais sont considérables. Nous entrons par la porte du midi qui est portique majestueux. Elle était réservée à l'usage de l’empereur. Le commun des mortels se servait des portes adjacentes, les militaires passaient par la porte de l'Ouest, les civils par la porte de l’Est. De l'autre côté du ruisseau aux Eaux Dorées, enjambé par cinq ponts de marbre se dresse la porte de l'Harmonie Suprême. Elle domine une immense cour.

 

Les trois grands palais constituent le cœur de la cité interdite. Il s'agit d'édifices destinés à la vie officielle :

-          Le palais de l'Harmonie Suprême est le plus grand et le plus important. Il servait pour les cérémonies importantes, les anniversaires de l'empereur, la nomination des généraux. Une grande statue en bronze devant le palais symbolise la longévité et la stabilité. Un somptueux trône du dragon occupe l'intérieur du palais.

-          A l'arrière se trouve le palais de l'Harmonie Parfaite qui servait pour l'empereur à rédiger des discours, à recevoir les ministres. Deux palanquins sont exposés.

-          Le palais de l'Harmonie Préservée servait aux banquets et plus tard pour les examens littéraires.

 

Derrière les trois grands palais se trouvent trois édifices :

-          Le palais de la Pureté Céleste où on recevait les hauts dignitaires et les ambassadeurs étrangers.

-          Le palais de l'Union.

-          Le palais de la Tranquillité terrestre.

En quittant la cour intérieure par la porte de la Tranquillité terrestre se trouve le jardin impérial à l'extrémité Nord de la cité interdite.

 

Les parties Est et Ouest étaient les palais d'habitation. Les six palais de l'Ouest étaient les appartements des impératrices et des concubines. Les pièces de mobilier, des couvre-lits en soie, des objets personnels sont exposés. Parmi eux, le Palais de l'éternel Printemps qui a inspiré Cao Xue Qin pour son œuvre : " Le rêve dans le Pavillon Rouge " (Hong Lau Mong) , un classique chinois. L'impératrice douairière Cixi y vivait alors qu'elle était encore une concubine.

Plus au Sud des six Palais de l’ouest, le palais de la nourriture et de l'esprit qui abritait les appartements privés de l'empereur qui comprennent les salles de réception, un bureau pour la signature des documents importants et une chambre à coucher à l’arrière.

Bibliothèques, temples et théâtres font partie des palais de l'Est. Ce sont des musées actuellement.

 

Nous ressortons par la porte du Génie Militaire divin. Avant de ressortir complètement de la Cité Interdite, on finit notre tour dans un magasin de souvenir où du thé nous est offert gracieusement. Phung fait l'acquisition de deux tasses à thé représentant un dragon. Sous l'effet de la chaleur les couleurs changent !

Le car nous attend. Nous allons goûter une spécialité de la région de Xuang, le menu est à peu près le même que dans les autres restaurants sauf un plat à base de riz grillé servi avec une sauce d'huître.

 

L'après midi est consacré à la visite du Temple Céleste qui symbolise Pékin de nos jours. Il est situé dans un parc de 267 hectares avec quatre portes aux points cardinaux. L'empereur - le fils du Ciel y célébrait des rites solennels. Le Temple présente trois toits et a une forme ronde. La visite se fait assez rapidement car on a assez marché le matin.

 

Le soir on va goûter le fameux canard laqué de Pékin. La volaille est servie en plusieurs étapes : d'abord la viande sans les os puis des tranches de peau croustillantes accompagnées de sauce et de crêpes chinoises. Hien, Phung Hanh et moi, nous trouvons que le canard laqué du treizième arrondissement de Paris est meilleur. Affaire de goût naturellement.

 

Arrivés devant l'hôtel, nous décidons tous les quatre de faire un tour " Pékin By Night ". Nous prenons un taxi après que Michel nous ait donné une adresse. On se retrouve dans le quartier chic de la capitale, un peu comme les grandes avenues de Paris. Ce n'est pas du tout ce que l'on attendait ! On est très déçus ; on se croirait avenue des Champs Elysées made in china en moins bien. On rentre à l'hôtel mais avant d'aller nous coucher on va manger une soupe aux nouilles. Ne causant pas chinois, Hien arrive très bien à se débrouiller avec le langage des mains.

 

Mardi 5 juin 2001


Nous allons prendre le métro de Pékin. Le bus nous dépose devant une station. Il n'existe que deux lignes de métro: l'une qui forme un rectangle et l'autre qui est une droite. J'ai vraiment l'impression de prendre le RER, rien d'autre. 

 

Après le métro, c'est la balade en vélo pousse pour la visite d'un hutong ou ruelles (c'est le nom d'origine Mongol). A l'origine, le plan de la ville se composait de maisons disposées autour de cours intérieures. Nous nous arrêtons devant la maison d'un habitant pour déjeuner. C'est le genre d'un grand studio qui est meublé d'un lit à deux personnes, une table ronde, une télévision. La propriétaire nous accueille avec un charmant sourire et nous nous mettons à table. Le menu change un peu car ce sont des raviolis à la vapeur qui sont à l'honneur. Tout le monde est content et repu.

Après ce repas, c'est la promenade chez les antiquaires de Liulichang. Là je trouve des tasses à thé qui changent de couleur sous l'effet de la chaleur à un prix très raisonnable. A part cela, rien de très intéressant sauf l'aspect et l'architecture de certaines maisons. Il faut avouer que je ne suis pas douée sur l'histoire de l'art. Hien et Phung vont un peu plus loin et trouvent un marché aux Halles. Des légumes frais s'étalent devant nos yeux. Des pâtisseries appétissantes sont alignées devant une vitrine. Phung achète des champignons parfumés. Puis nous retournons au bus.

 

Michel nous dépose devant la gare de l'Est pour nous montrer notre train qui doit nous conduire à Nankin. Mais ce n'est pas la bonne gare ! Nous reprenons vite le bus qui cette fois nous dépose au bon endroit : la gare de Pékin. Nous nous installons tous les quatre dans un compartiment avec quatre lits couchettes. Le dîner se compose de sandwiches, œufs durs, pomme et charcuterie. Nous n'arrivons pas à finir. Mais quelques heures après, Hien et Phung, pour ne pas nuire à leur réputation de "gourmands" vont s'octroyer une soupe dans le wagon restaurant. Après quelques plaisanteries, nous allons nous coucher. Le voyage dure toute la nuit et j'ai du mal à fermer l'œil bien que tout soit confortable. Le train s'arrête à quelques petites gares et continue son trajet jusqu'à Nankin.

 

Mercredi 6 juin 2001


Il est six heures du matin. Nous sommes arrivés à destination. Un autre guide, monsieur Wang nous attend. Avant de monter dans le bus, Phung repère un pauvre homme endormi dans la chaussée et lui donne le repas de la veille qui restait. L'homme se redresse, hébété et regarde le contenu du sac. Quand il se rend compte que ce sont des victuailles, il remercie vivement Phung et se met à manger avec avidité. Chaque être humain a une destinée, quoique l'on pense, je remercie la Providence de sa clémence de m'avoir accordé jusqu'à présent ce certain confort de vie.

 

Nous faisons un arrêt à l'hôtel puis nous repartons visiter la pagode Gulindi qui se trouve au milieu d'une grande forêt calme, mais auparavant nous faisons une petite halte pour admirer le palais sans poutre. Il doit son nom à son architecture faite de trois voûtes en berceau sans une seule pièce en bois. A l'intérieur des personnages en cire sont représentés : l'impératrice Cixi, Pu Yi, le dernier empereur, et Sun Yat Sen. Nous nous dirigeons ensuite vers la pagode. Pour arriver au sommet, nous gravissons 9 étages pour pouvoir regarder les alentours. Cependant, une brume au loin nous empêche de voir tout le paysage.

 

Vient ensuite la visite du mausolée de Sun Yat Sen. C'est pour les chinois un lieu de pèlerinage car Sun Yat Sen est considéré tant par les communistes que par le Guomindang comme le père de la Chine moderne. Pour accéder au tombeau lui-même, il faut gravir un monumental escalier de pierre. A l'entrée du chemin se dresse un portique en marbre recouvert d'un toit de tuiles bleues et blanches ( le blanc étant le soleil et le bleu la couleur du drapeau du Guomindang). La crypte se trouve sur la terrasse supérieure au fond de la chambre commémorative. Dans cette salle se trouve une statue de Sun assis, réalisée par le sculpteur français Paul Landowski. Au fond, dans une fosse circulaire se trouve le cercueil sur lequel repose un gisant en marbre. En fait on ne sait pas si la dépouille de Sun Yat Sen se trouve vraiment dans le tombeau ou a été emportée à Taiwan par le Guomindang.

 

Nous partons ensuite chez un ostréiculteur. Une petite délégation nous attend. Des huîtres à perle sont élevées dans de grands bassins. Une jeune femme va nous faire une démonstration. Elle demande à Phung de choisir une huître puis l'ouvre devant nos yeux : des minuscules perles sont greffées à l'intérieur. Nous rentrons dans le magasin de bijoux de perle. Phung fait le tour mais ne trouve pas son bonheur, quant à moi je fais l'acquisition d'un bracelet à trois rangs pour Anne-line.

 

Après le repas du midi, Monsieur Wang nous fait visiter la vieille ville. On va ensuite vers le marché aux animaux où l'on trouve des tortues, différentes espèces d'oiseaux, des chatons et des chiots. Certains ressemblent à des peluches et sont vraiment craquants.

Un peu plus loin, Phung trouve une théière en terre qui lui plaît et après un âpre marchandage l'achète.

Monsieur Wang nous guide ensuite vers le palais de la dame San Shu Xi.  C'est une immense demeure classique avec de beaux jardins et des coins d'eau. Une belle et triste histoire nous est contée: San Shu Xi était une belle femme qui s'était mariée très jeune. Peu de temps après les épousailles, le mari partit pour aider à l'érection de la fameuse muraille de Chine. En attendant son retour, elle brodait et tissait pendant que son cœur soupirait.  Elle n'était pas du tout ce que son nom phonétiquement représentait la dame "sans soucis". Phung et moi, nous nous faisons prendre en photo, déguisées en costume impérial chinois. Puis nous rentrons à l'hôtel.

 

Jeudi 7 Juin 2001


De Nankin, nous prenons le train pour Suzhou, la Venise de l'Orient, la ville de la soie. Elle est réputée pour ses jardins. Nous arrivons à 14 heures. Un nouveau guide Justin nous attend. Le bus nous dépose devant un somptueux hôtel. Au moment de remplir les formalités Justin nous annonce d'un air penaud qu’on n’est pas dans le bon hôtel. On remonte dans le bus et après une promenade à travers la ville, on se trouve à destination. Il est 14 heures. Après une collation substantive, c'est la visite du jardin de la politique des simples. Aménagé au début du seizième siècle, c'était un jardin privé appartenant à Wang Xian Chen, censeur à la cour impériale dont la vie connut des hauts et des bas. Il s'inspira d'une vielle maxime qui dit : "cultiver son jardin pour subvenir à ses besoins, voilà ce qu'on appelle la politique des simples ".

 

C'est un parc de cinq hectares avec des ruisseaux, des étangs, des ponts et des îles couvertes de bouquets de bambous. Des chinois promènent des oiseaux en cage pour leur permettre de faire des roulades. Après cette promenade, nous allons flâner dans un autre jardin, celui du maître des filets. C'est le plus petit jardin de Suzhou. A la partie Est se trouve l'antichambre où une chaise à porteur est exposée. Ce sont ensuite les salles de réception, les appartements privés et la bibliothèque. Dans la partie centrale se tient l'essentiel du jardin avec un étang. La partie Ouest est un jardin intérieur sur lequel donne le cabinet d'étude du maître. Justin nous propose une promenade en bateau à travers l'un des nombreux canaux moyennant finance. Après s'être concertés, tout le monde est d'accord et Phung arrive à obtenir une réduction. Le bateau nous attend sur le pont Marco Polo (qui vint à Suzhou en 1276). Notre promenade dure à peu près une heure. On observe quelques habitations vieilles de plus de 400 ans, mais à part cela, rien de particulier. Par endroit des odeurs pestilentielles montent dans nos narines (car dans ces canaux se déversent les tout à l'égout). On a l'impression de s'être fait roulés.

 

Après le repas du soir, on marche du côté du jardin de la politique des simples et on fait l'acquisition de quelques bibelots (baguettes en faïence, trois statues de génie chinois, cravates en soie). Hien et Phung sont des professionnels du marchandage et on demande leur intervention.

 

Vendredi 8 juin 2001


Cette fois, le petit déjeuner est à l'européenne et Hien trouve le service lamentable : le beurre est rance, le pain sans goût.

 

Départ pour la colline du Tigre qui est située dans un parc de vingt hectares. Le roi Helu, fondateur de Suzhou est enterré près du sommet. Un tigre blanc serait apparu pour garder sa tombe. Un peu plus loin se trouve la pagode de la colline qui s'incline au fil des années. Phung et moi nous la comparons à la tour de Pise. Justin nous emmène ensuite dans une fabrique de soie où l'on assiste aux diverses étapes: culture de feuilles de mûrier, élevage du bombyx et extraction du fil à soie. Dans l'usine, des ouvrières affairées dévident des cocons. Je me laisse tenter par une couette faite à partir de ver à soie. Elle est légère et agréable au toucher. Avant de rentrer dans la boutique du prêt à porter, des mannequins font un défilé. Les hommes sont ravis et admirent ces splendides créatures, les femmes; quant à elles détaillent avec minutie les costumes. Nous allons ensuite explorer le magasin de vêtements, mais rien ne nous plaît vraiment.

 

Le programme du circuit prévoyait un déjeuner dans l'ancien village de Zhou Zhuang mais un contre temps arrive: le président de la Chine, Monsieur Jiang Zemin préside une conférence dans ce village et tout est barricadé. Nous revenons donc à Suzhou et déjeunons dans un restaurant au premier étage situé près d'un canal. Pendant le repas, un trio de musiciens nous donne un concert de mélodies chinoises. A côté de notre table, deux personnages en cire sont assis: un poète et un intellectuel du siècle dernier qui avaient leurs habitudes ici. Nous trouvons que le thé a un drôle de goût. L'eau doit venir des canaux.

 

Le repas terminé, nous faisons une promenade en gondole.  C'est une jeune femme qui rame. Justin nous explique qu'elle gagne 10 yuans par jour avec une subvention bien maigre de l'Etat. Malgré toutes ces difficultés, elle nous semble très sereine.

Il est 15 heures. Justin nous quitte. Le chauffeur a pour mission de nous mener à Shanghai où un autre guide local nous attend. On arrive à 18h.

 

Shanghai est une énorme ville de 13 millions d'habitants. C'est l'un des centres économiques les plus actifs de la Chine. De grands gratte-ciel jaillissent comme des champignons. J'ai l'impression de me retrouver à New York !!

Le guide (qui est une femme) nous emmène dîner puis nous allons assister au spectacle des acrobates de Shanghai. Les représentations sont impressionnantes. Entre autres numéros, il y a une démonstration d'équilibre amusante: une jeune fille sur un monocycle arrive, avec sa jambe droite, à empiler des bols sur sa tête.  D'autres font tourner des petits tapis avec leurs mains, pieds; des contorsionnistes montrent leur agilité.

On est tous ravis. C'est le retour à l'hôtel. Nous arrivons à trouver Internet pour avoir des nouvelles de France.

Hien et Phung viennent dans notre chambre pour papoter un peu. On prend un petit thé en donnant nos impressions sur les acrobates.

 

Samedi 9 Juin 2001


On part direction temple du Bouddha de Jade. C'est un monastère construit entre 1911 et 1918. Les murs sont couleur jaune safran.

 

En arrivant, nous assistons à une cérémonie des fidèles, les mains jointes psalmodiant des prières, marchant en file indienne. Trois bouddhas dorés occupent une grande salle et d'autres pièces renferment des dieux à l'air féroce. Quelques 700 sutras décorent les murs. Le bouddha de Jade mesure deux mètres de haut (un moine l'aurait apporté de Birmanie en 1882). Un petit bouddha de jade authentique est exposé. D'après notre guide, le grand bouddha serait une réplique.

 

Nous sortons de la pagode pour une visite des jardins de Yu. Après tous ceux qu'on a vus à Suzhou, le tour est vite fait.

L'après midi est consacré pour le musée de Shanghai. Construit en 1952, il présente de belles collections de bronze, de peinture, de céramique et de porcelaine. Nous avons chacun un baladeur avec cassette et chacun va faire son tour en toute liberté en écoutant les commentaires. Le rez-de-chaussée renferme de belles collections de bronze (cloches de la période Zhou), des coupes de vin, des armes...

 

Le premier étage: porcelaine, céramique, céladon. Le deuxième étage est consacré à la peinture. Pour les chinois, la peinture c'est l'art du pinceau et de l'encre. Le trait du pinceau qui varie en épaisseur et en ton est ce qui compte avant tout dans une œuvre. La tradition veut que l'œuvre se fasse de mémoire et ne cherche pas tant à imiter l'apparence extérieure du sujet qu'à capturer ses capacités vitales et à imprégner le tableau qui anime la nature. Le spectateur devait pouvoir se sentir au milieu du tableau et laisser vagabonder son imagination. La peinture devait servir, comme la calligraphie, de moyen d'expression et de communication. Notre temps de visite étant limité, nous sortons pour traîner nos pieds dans l'avenue de Nankin. Mais nous éprouvons beaucoup de déception car il y a foule et les magasins exposent des produits de luxe qu'on trouve ici en France.

 

Nous prenons un taxi et nous nous redirigeons vers les jardins de Yu. Pour les derniers achats. Souper dans une cantine (fondue chinoise) et départ pour l'aéroport de Shanghai. Il est 00h00 quand on décolle.

 

Atterrissage à Paris à 5h00 du matin.

 

Par Marie-Lyne - Publié dans : mlvovan
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Jeudi 10 septembre 2009 4 10 /09 /Sep /2009 17:24

Istanbul 2000                                                                                                                     Auteur: Marie-Lyne

 

Pour mes 45 printemps, Hanh décide de m'offrir un voyage.

 

Vers quelle destination ? Surprise…

 

Trois jours avant ma montée en grade, Hanh revient tout guilleret du travail et m’annonce qu’on partira pour un long week-end pour Istanbul.

 

Istanbul n’est pas la capitale de la Turquie mais c’est une ville riche et fascinante. Je désirais depuis longtemps y faire un tour et c’est vraiment byzance !

 

 


 

 

La Turquie est divisée par le détroit du Bosphore, c’est ici que l’Europe se sépare de l’Asie Mineure.

 

 

Un bref historique d’Istanbul va me remettre les idées en place :

 

 

Le Bosphore, lieu de passage privilégié attira très tôt des populations qui voulaient contrôler le passage.

Probablement, au 1er millénaire avant JC, de petits villages se développèrent autour du point où le Bosphore était le plus étroit. Sémistra se serait trouvée au fond de la Corne d’Or, Lygos sur la pointe du sérail et Chalcédoine à l’emplacement de l’actuelle Kadikoy.

 

En 658 ou 657 avant JC, le légendaire Byzas, suivant l’oracle de Delphes qui lui avait dit de s’installer « en face des aveugles », arriva à Lygos et reconnut la valeur de son port naturel, la Corne d’Or, négligée par les « aveugles » de Chalcédoine. Il décida de créer une grande ville : Byzantion qui fut protégée par Rhéa et Apollon. Cette ville se développa rapidement grâce au commerce.

 

De 193-196, Byzance fut ruinée et devint une province de Périnthos (sous Septime Sévère).

En 324, l’empereur Constantin fit de cette ville sa capitale en lui donnant le nom de « nouvelle Rome » auquel la postérité préférera celui de Constantinople.

 

En 476, quand Rome tomba aux mains des Barbares, Constantinople devint la seule capitale de l’Empire romain, qui, profondément grécisé devint l’empire Byzantin.

En 1204, les barons de la 4eme croisade mirent la ville à sac et détruisirent la plupart des chefs-d’œuvre.

Mehmet II, sultan d’Ottoman en 1251 attaqua Constantinople et la conquit en 1252. La nouvelle capitale Ottomane, connue sous le nom d’Istanbul allait connaître une longue période de sommeil entrecoupée de quelques mouvements militaires et populaires.

De 1918 à 1923, les Alliés occupèrent la capitale qui s’était rangée aux côtés des Empires Centraux.

 

Mustafa Kemal commença à libérer la Turquie et en 1922, le sultan Mehmet IV s’enfuit de la ville sur un bateau anglais.

En 1923, la république fut officiellement déclarée et la capitale fut Ankara.

 

Depuis 1945, Istanbul connaît un nouvel essor et concentre l’essentiel de l’activité commerciale de la Turquie.

 

 

Jeudi 4 mai 2000

 

20h: nos affaires sont prêtes. Anne-Line (la moche) va nous conduire à l’aéroport avec Yvan (le beau) qui grommelle un peu (il doit se lever tôt demain). Koka (notre petite chienne) s’est précipitée dans la voiture avant même qu’on l’ait invitée et s’installe sur la plage arrière en croisant les pattes tel un majestueux sphinx. Trois quart d’heure après, on est sur place. Anne-Line prend le chemin du retour tandis que nous allons chercher les billets (aéroport Charles de Gaulle, T9).

 

C’est ensuite la réservation des places dans l’avion. Comme tout vol charter qui se respecte, nous décollons à 23h40 au lieu de 22h30. Une collation légère est offerte. A 4 heures locales du matin, c’est l’atterrissage sur l’aéroport d’Istanbul (Atatürk).

 

Nous sommes tous fatigués. Comme des automates, nous passons le contrôle des passeports et franchissons la douane sans problème. Le car qui doit nous mener à l’hôtel nous attend. Le guide qui était venu nous attendre à l’aéroport, nous propose un circuit pour les 3 jours et qui semble assez séduisant: vendredi matin, croisière sur le Bosphore; après-midi, visite du Bazar égyptien et du Grand Bazar; le soir, repas sur le port de Kumpaki; samedi, excursion dans le cœur de la « vieille Dame de Constantinople » (Mosquée Bleue, Cathédrale Sainte-Sophie, musée de Torkapi); le soir, repas avec danses orientales; dimanche, un circuit sera proposé en fonction du temps qui restera.

 

Nous optons pour les propositions de vendredi et samedi (à l’exclusion du repas du samedi soir) puis nous hâtons de rejoindre notre chambre où Morphée nous attend les bras grands ouverts.

 

 

Vendredi 5 Mai 2000

 

Après un sommeil profond néanmoins trop court, nous nous levons péniblement pour les ablutions matinales. Le robinet d’eau froide crache son débit normal mais en ce qui concerne l’eau chaude… juste un mince filet. Hanh attend patiemment et courageusement, se nettoie. Je me contente quant à moi d’une toilette de chat puis nous descendons prendre le petit déjeuner qui est vraiment copieux.

 

A 9 heures, notre guide arrive. C’est une jeune femme charmante qui nous emmène sur le détroit du Bosphore où nous allons entamer une croisière de plus d’une heure et demie sur un bateau baptisé le Titanic II !!! Tout le monde monte sur le pont supérieur et admire les deux rives : l’une européen et l’autre asiatique. Au bout d’un certain moment, les touristes commencent un à un à descendre sur le pont inférieur qui est couvert car la bise sévit. Héroïque, Hanh reste seul et filme les paysages.

 

Nous nous laissons bercer par les flots ainsi que les douces paroles de notre guide.

 

Nous longeons quelques Yali, de vastes demeures en bois qui tendent malheureusement à disparaître. Nous admirons quelques somptueux palais étrangement occidentalisés dans un univers oriental. De loin, nous apercevons les îles des princes groupées dans la mer de Marmara. On les appelait autrefois les îles des prêtres en raison du grand nombre de couverts qui y avaient été construits. Le nom « îles des princes » vient de ce qu’elles servirent de lieu de plaisance ou de réclusion aux princes Byzantins.

 

La croisière se termine et nous posons pieds sur la rive ouest du Bosphore où l’on aperçoit de loin la mer Noire. L’air marin nous a ouvert l’appétit et l’on se retrouve peu de temps après au restaurant. Comme entrées, nous avons des mézés (apéritifs divers souvent à base de légumes comme par exemple, des tomates crues ou concombre, haricots blancs cuits dans la sauce tomate, boulgour, purée d’aubergine..). Ces plats sont présentés dans les raviers différents. Puis nous goûtons un genre de feuilleté farci au fromage de brebis et fines herbes, deux rondelles frites de courgettes puis une brochette de maquereau. Le poisson frais est délicieux. C’est une bonne idée pour cet été. Comme dessert, nous avons des tranches de fruits.

 

Les boissons étant payantes, notre facture d’eau s’élève à 500.000 lires turcs..(équivalent à 6 francs). Tout le groupe est hilare et certains déboursent avec un aire de grand seigneur quelques millions (1 franc français = 83.000 lires turcs).

 

Après le repas, le car nous emmène à Eminoneu (qui se prononce hémineuneu) où se trouve le Bazar égyptien : milles odeurs chatouillent notre odorat, senteur de cumin, curry … Les marchands présentent une palette multicolore d’épices : le rouge flamboyant du piment broyé, le vert – gris du henné, le ton pourpre des fleurs d’hibiscus, la couleur marron du cumin, le jaune vif du curcuma. Des variétés diverses de loukoums sont étalées et semblent dire aux passants : « mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi.. ».

 

Je me laisse séduire par le cumin et le piment rouge. Hanh, lui, succombe à la tentation de la chair et s’octroie des loukoums. Chacun, son péché mignon.

 

Ce Bazar égyptien fut reconstruit en 1943 sur le site d’un bazar de 1663 où les Génois et Vénitiens avaient installé un marché aux épices.

 

Nos achats terminés, notre guide nous amène chez un fabriquant de vêtements en cuir. Plusieurs mannequins défilent pour nous montrer de belles vestes, des pantalons.

 

En sortant, nous allons au Grand Bazar. C’est un grand marché couvert, composé de plusieurs sorties. Le guide nous demande de nous rappeler de la sortie la plus connue Nuruosmaniye Kapisi. Autrefois, chaque quartier était réservé à un type de commerce mais tout à tendance à se mélanger. Les bijoutiers sont nombreux et l’or scintille dans les vitrines. Des étalages de vêtements, des boutiques de souvenirs s’entrecroisent. Je trouve un instrument à cordes pour Yvan et après un sympathique marchandage, je l’emporte.

 

Les jambes lourdes et lasses, nous rentrons à l’hôtel car le soir on a un dîner à Kumpaki, port où étaient établis les Gitans. Nous ne sommes que deux couples inscrits. Un guide vient nous cherche à l’heure dite et après un bref trajet, nous voici arrivés. C’est un charmant site où se côtoient divers restaurants qui déploient leurs étalages de fruits de mer. Que c’est appétissant ! Nous entrons dans un restaurant et à notre déception, on se retrouve avec presque le même menu que ce midi, mais on savoure quand même. Ce petit village a quelques similitudes avec le quartier Saint Michel à Paris. Il est très agréable à visiter mais nous ne faisons pas long feu et rentrons nous coucher.

 

 

Samedi 6 Mai 2000

 

 

A 9h, après le petit déjeuner, le car commence sa virée. Cette fois ci, nous allons découvrir une des mille facettes culturelles d’Istanbul. Nous nous arrêtons en premier devant la basilique Sainte Sophie.

 

En l’an 325, Constantin éleva la première basilique consacrée non pas à une sainte du nom de Sophie, mais à la sagesse divine (Haghia Sophia) sur un emplacement autrefois réservé à des temples païens. Son fils, Constance, la fit agrandir et l’église devint l’épiscopale de Constantinople. Elle fût brûlée et reconstruite maintes fois. En 532, sous le règne de Justinien que cet édifice existe tel que l’on voit maintenant. Il fit recueillir les matériaux les plus nobles, les marbres les plus beaux. En 1453, Mehmet II se rendit à Sainte Sophie et donna l’ordre de la transformer en Mosquéee et la resta jusqu’en 1935. A cette date, Atatürk la transforme en musée.

 

Hanh et moi, sommes à l’intérieur, dans la nef centrale. Cette partie se présente comme un vaste vaisseau recouvert par une coupole de 31m de diamètre, à 55m du sol à la clef et par deux demi-coupoles. D’une part et d’autre de l’entrée, on note une urne d’albâtre d’une très grande capacité. Elles servaient autrefois de fontaine pour les ablutions des croyants. Dans un angle, on aperçoit une colonne de Saint Grégoire qui passait pour guérir les maladies de la vue. Des groupes de touristes s’y agglutinent et certains essaient de passer le pouce dans l’orifice afin de toucher la pierre (il paraît que c’est pour exaucer les vœux les plus divers). Je ne m’y aventure pas.

 

Sainte Sophie, ayant été transformée en mosquée, renferme donc un mih qui indique la direction de la Mecque. Une mosaïque à terre, passe pour être l’Omphalos : du VIII au IX siècle, le trône des empereurs était dressé lors de la cérémonie des couronnements (omphalos = nombril). De grands boucliers noirs avec le nom d’Allah écrits en jaune sont suspendus autour de la coupole. Des mosaïques représentent la Vierge Marie, Jésus Christ, diverses scènes religieuses de l’époque chrétienne.

 

Une porte au nord du Narthex (vestibule couvert fermé de l’extérieur, précédant la nef dans les églises byzantines et romanes où se trouvaient les catéchumènes) permet, par une rampe glissante et assez sombre d’accéder aux tribunes où se trouvent de belles mosaïques. On y va et admirons. Nous découvrons la Vierge entre Jean II et l’impératrice Irène ; une autre mosaïque représente le Christ ayant à sa droite Constantin Monomaque et l’impératrice Zoé à sa gauche. Nous prenons quelques photos puis nous revenons dans le jardin où nous attend le guide.

 

C’est ensuite la visite de l’Hippodrome. C’était là le cœur de Constantinople, le lieu où le peuple venait se divertir. Le premier hippodrome fut construit en 203 par Septime Sévère. Ce fut le premier monument qu’il donna à la ville. Un magnifique champ de course fut installé sur une colline dominant la mer de Marmara. L’empereur Constantin fit agrandir cet hippodrome avec des piliers soutenant des voûtes immenses pour compenser l’abaissement du sol. Il eut des galeries pour servir d’écuries, de cage aux fauves, des quartiers pour les gladiateurs. Sous les gradins, un vaste marché s’installa.

 

Une partie de la politique de Byzance se faisait sur les champs de course. Les empereurs dépensèrent des sommes considérables pour organiser des fêtes somptueuses. Deux factions s’y affrontaient: les verts (et les rouges) proches du peuple (liés au commerce et à l’artisanat) et les bleus (plus les blancs) comme étant proches de l’aristocratie souvent fiers de leur origine gréco-romaine. L’hippodrome ne tarda pas à décliner et tomba peu à peu en ruines. Il ne reste plus grande chose de ce qui fut une des splendeurs des temps passés.

 

Il ne reste plus qu’un grand jardin public où se dressent trois monuments :

 

1)  La colonne de Constantin (ou obélisque muré) formé de blocs grossièrement taillés.

2)  La colonne serpentine de couleur vert patiné qui avait été prélevée à Delphes dans le sanctuaire d’Apollon Pythien. Cette colonne fut ramenée par Constantin. Elle était fondue d’un seul bloc. La forme, c’est celle d’une torsade constituée par l’enroulement de trois serpents. Au sommet, les têtes des serpents supportaient un grand trépied d’or, surmonté d’un vase en or. Au cours du temps, le trépied et le vase furent enlevés et les têtes des serpents mutilés car les chrétiens et les musulmans y voyaient la personnification des démons.

3)  L’obélisque de Théodose. A l’origine, il se dressait dans le temple de Karnek, édifié par Thamoses III avant d’être transporté à Constantinople. C’est un monolithe haut de 20m. Les hiéroglyphes célèbrent le dieu Horus et le pharaon. Le bas relief représente Théodose et sa famille.

 

Encore un peu plus haut, au milieu de la place se trouve la fontaine de Guillaume II en 1895.

 

Après cette promenade autour de l’hippodrome, nous allons nous restaurer : Kebab (viande de mouton grillé), riz et fruits.

 

Le car nous emmène, pour la digestion, une fabrique de tapis. Ils sont tous magnifiques, de tons divers et chatoyants mais je tiens bon et résiste à la tentation.

 

Puis nous allons voir le palais de Topkapi. Ce fut le sultan Mehmet Fatih qui décide de faire ériger un palais sur l’acropole de l’antique Byzance où l’on découvre la mer de Marmara, le Bosphore et la Corne d’Or. On passe par un portail en ogive et l’on débouche dans une deuxième cour ombragée de beaux cyprès et de platanes. A droite se trouvent les cuisines qui abritent une splendide collection de porcelaines chinoises ainsi que des services de table des sultans. Quand on a voulu visiter, une partie était malheureusement fermée. A gauche se trouve le harem qui était clos ce jour là.

 

On franchit une autre porte : celle de la Félicité qui donne accès à la troisième cour encore désignée par « la porte des Eunnuques Blancs ». Cette cour était réservée à l’usage privé du Sultan. On aperçoit la salle d’audience, la bibliothèque d’Ahmet III, le Hamman qui de nos jours est devenu un musée et qui expose les tapisseries et les vêtements impériaux. Je pense à Agnès qui pourrait s’inspirer de certains modèles.

 

Un autre bâtiment contient des joyaux et des objets précieux qui appartenaient aux sultans. Il y a 4 salles en tout, ce qui me frappe le plus c’est un fameux diamant de 86 carats en forme de goutte d’eau, entouré de 49 autres plus petits. Des émeraudes aussi grosses que le poing dispersent leurs éclats. De quoi faire le bonheur de certaines femmes. J’insiste pour que Hanh filme le diamant, je vais l’avoir en possession virtuelle.

 

Un petit berceau en or est exposé, mais les bébés princiers qui y étaient couchés pleuraient-ils moins que les autres? En tout les cas, Koka (notre chienne) aurait été belle et majestueuse dedans.

 

A l’angle de la cour, Hanh et moi, nous pénétrons dans la salle la plus sainte du sérail car elle renferme divers objets sacrés : le manteau du prophète Mahomet, un reliquaire renfermant deux épées en or, la bannière de Mahomet etc. Les yeux éblouis, nous sortons de là, j’avoue que je suis en mydriase, le diamant m’a vraiment tapé dans l’œil.

 

Il est bientôt 17h, nous allons voir la fameuse mosquée bleue (je crois, autant que je m’en souvienne, que c’est la première fois que je mets les pieds dans un lieu de culte musulman).

 

Cette mosquée est l’une des plus connues d’Istanbul par ses six minarets et par son célèbre décor de faïence d’Iznik. A l’entrée, il y a un dépôt de sacs en plastique. Nous en prenons chacun un pour mettre nos chaussures. Sur le sol sont étalés des tapis dont le motif imprimé indique la direction de la Mecque. La coupole centrale est élargie par quatre demi-coupoles et repose sur d’énormes colonnes dites « pattes d’éléphant ». Certains panneaux au premier étage représentent les symboles du paradis : arbres, fruits, fleurs. Nous ne restons pas très longtemps… Nous sortons et remontons dans le car qui nous ramène à l’hôtel.

 

Hanh et moi, nous repartons une heure après pour visiter « Istanbul by night ». Nous marchons le long des rues, nous voici, sur l’avenue Fatih. C’est ici que les futurs mariés viennent faire leurs achats. Des robes de mariées orientales ou occidentales s’exposent aux regards de convoitise des jeunes filles. Les jeunes hommes contemplent les ensembles vestes, pantalons. Des jeunes couples font leur choix. Pour moi et Hanh, il est trop tard…

 

Nous flânons et arrivons sur la rive européenne du Bosphore. La nuit est tombée. On est proche du Bazar égyptien qui est fermé. Nous longeons le Bosphore où des pêcheurs proposent des sandwiches au poisson grillé. On en prend chacun un et nous dégustons notre repas près de l’eau. C’est très agréable. Nous rentrons après car le sommeil et la fatigue sont au rendez-vous.

 

 

Dimanche 7 Mai 2000

 

 

Après le petit déjeuner, nous décidons de refaire un tour au centre ville pour regarder une dernière fois les beaux monuments d’hier. Nous arrivons devant un grand marché en plein air situé dans le quartier universitaire. Beaucoup de babioles, de vêtements… Rien de très intéressant. Nous voilà sur la place de l’Hippodrome, j’admire la basilique Sainte Sophie. Des cars de touristes s’arrêtent et des flots de touristes descendent : des japonais, allemands, italiens, français…

 

Notre temps est trop court hélas et il faut bientôt retourner à l’hôtel. Nous allons grignoter un sandwich turc et nous reprenons le chemin menant à l’hôtel. Il est heure de quitter le sol turc.

 

A 17h nous décollons, au fur et à mesure qu’on s’éloigne, un petit pincement au cœur me saisit... Byzance, nous reviendrons.

 

L’avion fait escale à Mulhouse où une partie des voyageurs descendent puis enfin, les lumières de Paris brillent...

 

Paris on est là !!!

 

Par Marie-Lyne - Publié dans : mlvovan
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Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 13:12

Voyage au Maroc

   


 

Pour finir ce deuxième millénaire en beauté, Hanh et moi décidons de partir pour le pays de l’extrême couchant : le Maroc.

 

Au début nous hésitions à faire ce voyage car c’est la période du Ramadan, cette fête du neuvième mois de l’année hégirienne où tout musulman pratiquant doit jeûner à partir du lever du soleil jusqu’à son coucher. L’Aid El Seghir est une petite fête qui clôt le jeûne. Mais après réflexion nous nous jetons à l’eau, c’est une autre façon de découvrir les us et coutumes de nos voisins.

 

Vendredi 1er décembre 2000

 

Anne-Line nous emmène à l’aéroport. Il est quatre heures du matin. Les formalités terminées nous embarquons sur le « Marmara Air Line ».

Trois heures après nous atterrissons sur Marrakech. Il est 9 heures (heure locale). Un guide habillé d’une djellaba blanche nous attend pour nous mener au car. Autour de l’aéroport des rangées d’orangers présentent leurs fruits comme pour nous accueillir.

 

Marrakech se trouve dans la partie sud des grandes plaines comprises entre le haut Atlas, le moyen Atlas et l’océan Atlantique. On l’appelle la ville Rouge.

Marrakech fut fondée en 1062 par les Almoravides (moines guerriers du Sahara) mais les Almohades, eux aussi originaires du Sud font tomber Marrakech entre leurs mains.

Le règne de Yacoub Al Mansour marque l’apogée du rayonnement de cette ville. Il fait ériger l’admirable minaret de la Koutoubia (qui est la mosquée des libraires).

Puis vient le tour des Mérinides qui succèdent aux Almohades.

Au seizième siècle les Saadiens s’emparent du pouvoir, choisissent Fès pour capitale mais reviennent s’installer à Marrakech.

Vers la fin du dix neuvième siècle, le sultan Moulay Hassan s’y installa. C’est sous son règne qu’un de ses vizirs édifie le palais de la Bahia.

Après la proclamation du protectorat en 1912 la ville connaît de nouveau la prospérité.

 

Nous sommes à l’hôtel. Le repas du midi est pris sur la terrasse, près de la piscine.

 

A 15 heures c’est la découverte de la ville. Nous admirons les remparts couleur brique qui sont percés de neuf portes anciennes. L’enceinte fortifiée s’étend sur 19 kms.

La visite des jardins de Marrakech est rapide, notre guide n’étant pas très loquace. Nous pouvons toutefois admirer l’anti Atlas enneigé.

Nous parcourons la route de la Palmeraie qui couvre une superficie de 13 hectares et s’étire sur une vingtaine de kilomètres. Cette forêt naturelle est parfois clairsemée par certains palmiers souffrant de la chaleur et l’irrigation est loin d’être satisfaisante. Des promoteurs viennent s’installer et dénaturent ce site au profit des villas pour particuliers. Nous rentrons un peu fourbus. Un buffet sympathique nous attend, c’est vendredi jour du couscous et c’est l’assaut général.

 

Samedi 2 décembre 2000

 

Le petit déjeuner pris, nous allons visiter les tombeaux Saadiens qui datent de l’époque du grand sultan dit Ahmed Le Doré (al-Mansour) qui fit inhumer sa mère Lalla Messaouda en 1591. La porte d’entrée des tombeaux se situe après une mosquée, dans un mur. On arrive dans un jardin calme et bien entretenu. Quelques chats semblent être les seuls locataires vivant dans ce havre de paix. Le mausolée principal, à la jolie porte en cèdre gravée comprend trois salles. La salle du Mihrab, aux quatre colonnes de marbre abrite surtout des tombeaux d’enfants.

La salle des douze colonnes souvent considérée comme le chef d’œuvre de l’art hispano mauresque illustre le goût de cette époque Saadienne.

Trois tombeaux refermant les dépouilles d’Ahmed le Doré, son fils et son petit-fils sont alignés. Au dessus une coupole à stalactites en bois de cèdre sculpté soutenue par douze colonnes de marbre d’Italie. Autour de la salle reposent les membres de la famille du sultan. Le mausolée, situé au centre du jardin renferme le tombeau de Lalla Messaouda, mère du Doré.

 

Après cette visite de ces habitats des défunts, nous allons admirer la Koutoubia, qui est une mosquée dont l’entrée est interdite aux non musulmans. Cette mosquée des libraires, ainsi appelée parce que les marchants de livre tenaient autrefois boutique autour d’elle, fut édifiée par Abd El Moumem. Mais c’est sous le règne de Yacoub El Mansour (1184-1199) que fut achevé le minaret. Haut de 70 m, il révèle sa silhouette élancée et robuste. Les murs ont une chaude couleur allant du rose au roux. Trois grosses boules dorées surmontent la tour et la légende raconte qu’elles auraient été fondues avec les bijoux en or de Yacoub El Mansour.

 

C’est dans la place Jemaa El Fna que nous finissons cette journée. A l’entrée des souks, cette vaste place dont le nom signifierait «  Place des Trépassés » était le lieu où les sultans suppliciaient les criminels et les rebelles et exposaient leurs têtes.

Abrités sous de grands paillassons, soutenus par des perches des petites échoppes dressées autour de la place s’installent des marchands de toute sorte : marchands d’orange, porteurs d’eau, vendeurs d’épices de fruits, d’herbes rares d’herbes rares, d’amulettes, de babioles. Acrobates, charmeurs de serpents, musiciens et conteurs font partie du folklore. Néanmoins, on n’est pas très à l’aise pour admirer cette foule car on est sans cesse sollicités par les marchands.

Après cette journée enrichissante mais épuisante, c’est le retour à l’hôtel.

 

Dimanche 3 décembre

 

Départ pour Ouarzazate. Nous passons par la Palmeraie puis traversons des paysages semi lunaires désertiques. A midi nous déjeunons : Tajine de poulet, brick de foie de volailles, salade marocaine et melon). Puis nous reprenons la route pour Tineghir où nous arrivons fourbus à 18 heures. Cette journée est exténuante car nous avons passé toute la journée dans le car ; nous pouvons quand même admirer la porte du grand Sud.

 

Lundi 4 décembre

 

Après le petit déjeuner nous allons nous entasser dans le car pour admirer les gorges du Todra (c’est l’oued Todra) qui se frayent un passage à travers des massifs calcaires. Un silence profond règne. Des chèvres en troupeaux se baladent et nous fixent de leurs grands yeux innocents. Des petits marchands nous proposent des bijoux en argent. Ensuite les gorges du Dadès s’offrent à nos regards, on a l’impression que la montagne a été tranchée à travers d’épaisses assises calcaires. La vallée est plus peuplée et, dominant les jardins, de nombreux châteaux forts se dressent. Une sensation de calme et de paix nous envahit mais pas pour très longtemps car il faut reprendre le car pour revenir à Ouarzazate. Des sacs de poubelle noirs volettent dans la région désertique et s’accrochent sur les branches squelettiques des arbres. Une impression de misère et de tristesse se dégage.

 

Mardi 5 décembre

 

Nous partons pour Zagora par la vallée du Drâa. Le paysage presque exclusivement minéral montre d’abord des éboulis de roches noires aux reflets brillants auxquels se succèdent des falaises. Nous nous arrêtons à Tamagroute où se trouve la fameuse bibliothèque coranique. Environ 4000 ouvrages manuscrits écrits à travers le monde islamique y sont conservés. Des vieux livres d’histoires, de mathématiques, de médecines y sont rangés. Le plus ancien manuscrit en peau de gazelle, écrit d’une encre indélébile faite d’extrait d’écorce de noyer broyée date du XI è siècle. Malheureusement, ces précieux documents sont la plupart tous très abîmés. C’est le fils du gardien qui nous fait la visite guidée. A la sortie, quelques touristes veulent prendre des photos de femmes ou d’enfants mais se font agresser. Mieux vaut demander leur avis.

 

Nous reprenons le chemin vers la porte du désert de Zagora là où des dunes de sable se forment. Nous nous retrouvons dans une cuvette encerclée de montagne. Par une faille, le vent du Sahara apporte de fines particules de sable formant ainsi au cours des années des dunes de sable. Le désert n’est qu’à 70 kms. La nature reprend ses droits et le sable enlise peu à peu la terre. Ce sont les dunes de Tinfou. Elles sont hautes comme un immeuble de 4 étages. C’est vraiment impressionnant !!

 

Retour vers Ouarzazate.

 

Mercredi 6 décembre

 

Aujourd’hui c’est la découverte des Kasbahs.

 

Les Kasbahs sont des citadelles élevées dans le passé par des chefs locaux. Ce sont des quadrilatères d’épaisses murailles de pisé dont la partie haute est souvent faite de briques crues, couronnées de merlons en épis. A chaque angle, une tour va en s’amincissant vers le sommet et confère un peu de légèreté à ces massifs aux rares ouvertures : des meurtrières et quelques fenêtres étroites et grillagées. Une seule porte monumentale donne accès par un dédale de couloirs voûtés.

Mais avant, nous faisons un détour pour nous les touristes : arrêt dans une entreprise de fabrication d’objets fossilisés. De magnifiques meubles sont fabriqués et tout me tente mais victoire, je parviens à résister.

La première kasbah où nous mettons les pieds c’est celle de Taourit qui est, par son importance, son architecture et sa décoration, l’une des plus belles du Maroc. Elle se dresse, sur une butte aux alentours de la ville, en vue du lac El Mansour qui alimente en eau et électricité toute la région de Ouarzazate. C’est une ancienne résidence du Glaoui (mort en 1956) Si Brahim El Glaoui, prince marocain qui épousa Cécile Aubry et fut le père de Mehdi (qui tourna dans la fameuse série Belle et Sébastien).

 

Nous montons en haut de la terrasse et admirons le panoramique. Deux nids de cigognes sont nichés dans une partie de la tour. En redescendant nous nous dirigeons vers la salle de réception ; là, Ibrahim nous a réservé une surprise (Ibrahim, c’est le prénom de notre guide). En costume traditionnel marocain, il est assis sur un grand couffin et procède à la fameuse cérémonie du thé à la menthe. Nous nous asseyons tous sur des poufs. Devant lui, un grand plateau en argent est posé, à sa droite un butagaz protégé d’un cache pot crache sa flamme pour faire bouillir l’eau. Dès qu’elle frémit, il rince la théière et met du thé vert ainsi que des feuilles de menthe. Il remet un peu d’eau pour rincer les feuilles et ensuite jette le liquide. Puis il verse délicatement le contenu de la bouilloire dans la théière. Deux personnes aimeraient ne pas rajouter de sucre : une vielle dame diabétique et moi. Ce n’est pas pour me faire remarquer mais il faut que je me surveille, la nourriture est trop bonne et bonjour le gras sur les hanches. Ibrahim verse donc du thé sans sucre dans deux verres, puis rajoute dans la théière de gros morceaux de sucre à betterave et transverse plusieurs fois le thé dans une autre théière pour faire fondre le sucre. Tout le monde est servi et apprécie. Un petit pourboire est laissé.

 

Puis Ibrahim nous mène vers la kasbah de Tifoultoute et laisse sa place de guide à une autre personne Zavatta (je l’écris phonétiquement).

Parmi les dédales de ruelles, on avance pour se retrouver dans une place publique qui fut un temps le lieu des circoncisions car une certaine époque des juifs marocains y vivaient là en communauté ; maintenant c’est devenu un endroit ou l’on célèbre les mariages. Devant une fontaine des femmes s’activent et lavent leur linge à la main. De petits enfants nous suivent et nous demandent des bonbons, des stylos ou un dirham.

Nous rentrons dans l’enceinte principale qui est la célèbre Ksar d’Ait Ben Haddou. C’est une cour extérieure dont les murs sont faits de torchis ; de nombreuses scènes de film ont été tournées (notamment Gladiator). Nous montons au premier étage qui est la salle du calife. Le plafond est magnifique ; il est en bois de cèdre décoré d’un style ibérique, une corniche est creusée à même le mur. Le caïd s’asseyait là et surveillait par une petite ouverture le passage des chameaux. A côté se trouve la salle de la favorite.

 

Le repas du midi est assez décevant : petite assiette de crudités, un ragoût de mouton aux pruneaux mais la viande est pratiquement inexistante ; néanmoins on a un yaourt comme dessert, c’est la première fois qu’on nous sert un produit laitier depuis notre voyage, on nous le sert avec une pince (une bonne idée).

 

L’après midi étant libre, nous décidons de faire un tour dans les souks avec un groupe composé de huit personnes. Nous commençons notre tournée dans une boutique qui est une véritable caverne d’Ali Baba. Une partie du groupe est happée par les marchands qui ne les lâchent plus, c’est avec beaucoup de mal qu’on arrive à s’en sortir ; finalement on arrive dans le souk proprement dit. A l’entrée des marchands de crêpes et de galette à l’odeur appétissante nous font faire obligatoirement une halte digestive, la galette sent bon, elle est faite à base de farine, ciboulette, curcuma et tomates et la faim du midi est bien vite oubliée.

Nous errons dans de marché en essayant de ne pas répondre aux invites pressantes des marchands : «  mon gazou par çi, ma gazelle par ça ». Un marchand de poteries attire notre regard. Vais-je avoir mon tajine ? Colette et Micheline, deux personnes du groupe viennent me soutenir dans mes achats (car je suis encore novice dans ce domaine). Mon choix se porte sur un plat en terre rouge brique verni au couvercle légèrement bombé avec des succincts dessins. Après un long marchandage, le jeune gazou me le laisse à 130 dirhams avec en primes trois petits tajines pour la décoration. Merci Colette et Micheline.

 

Nous reprenons le chemin de l’hôtel. En cours de route une sirène retentit : le jeûne du Ramadan est rompu. Les commerçants ferment vite leurs boutique pour aller faire la fête, la ville est devenue cité fantôme.

Le dîner du soir est une surprise. Nous nous retrouvons dans une grande tente divisée en deux parties : une décorée en rouge, l’autre en vert. Un groupe folklorique nous attend avec des musiciens et des danseuses qui nous accueillent avec le fameux «  youyou ». C’est agréable et sympathique. Henri dit le Riton, un des membres du groupe se sent mal ; il a attrapé la turista. Pour arranger ses maux de ventre, la soupe qui nous est servie est à base de pois chiches et de piment !  Pendant ce temps, les musiciens se mettent à l’œuvre et les danseuses, avant d’entrer dans la piste entament une mélopée assez monotone. Le chant devient de plus en plus rapide et chacune des danseuses attrape au passage un touriste pour se lancer dans des contorsions un peu plus énergiques. Riton fait partie du lot. Bon gré, mal gré, il s’exécute mais sitôt le spectacle terminé, Riton se rue vers les toilettes pour soulager ses intestins. Le groupe commence déjà à rire des ses mésaventures mais l’hilarité est à son comble quand Riton nous raconte piteusement que dans sa hâte il a aspergé les toilettes de matières fécales sans pouvoir toutefois nettoyer correctement faute de moyens. Nous sommes pliés de rire et notre sujet de conversation se porte sur tout ce qui est scatologique. C’est vraiment nul mais cela fait partie de notre condition humaine.

 

Le voyage dans le sud marocain se termine et il faut revenir à Marrakech (Ouarzazate-Marrakech : 210 Kms).

 

Retour dans la ville rouge et visite d’un grand bazar d’antiquités. Il est gigantesque et l’on trouve un peu de tout : poteries, tapis, théières. Riton et Colette, après un âpre marchandage font l’acquisition d’un tapis.

Le repas du midi se passe dans un restaurant El Morrocco. Cette fois ci, une danseuse du ventre montre ses talents pour la plus grande joie de ces messieurs.

L’après midi est encore consacré au shopping dans les souks, histoire de ramener encore un dernier souvenir. Je prends quelques pâtisseries orientales et me laisse tenter par un plat en faïence. Notre séjour prend bientôt fin et pour clôturer ce voyage, nous prenons un billet pour assister à une fantasia.

 

La Fantasia est une scène classique et spectaculaire des cavaliers lancés à bride abattue tirant en l’air avec leurs vieux moukkahlas qu’ils brandissent ou font tournoyer au dessus de leur tête, se succédant par vagues dans un nuage de poudre et de poussière, les chevaux arborant ce jour là de superbes harnachements dorés et argentés.

Avant d’assister à ce spectacle, Hanh et moi, nous allons téléphoner pour prendre des nouvelles de France et c’est Yvan qui nous apprend la terrible nouvelle : mon père a rejoint le pays de ses ancêtres le mercredi 6 décembre à 13h30 locale. Il nous a quittés après de longs mois de souffrances morales et physiques. Un grand froid s’installe dans mon cœur. Paix à son âme.

La Fantasia se passe chez « Ali ». Durant cette fête, une cérémonie assez troublante se déroule : un cortège d’hommes vêtus de blanc avec un bandeau de la même couleur marchent sur la place comme s’ils participaient à mon deuil (il faut dire que le blanc au Vietnam est la couleur du deuil).

 

C’était ma dernière soirée au Maroc et je pense que je ne l’oublierais jamais.

 

Jeudi  7 décembre

 

Décollage à 9h15 et arrivée à 13h15 à Roissy Charles de Gaulle.

 


Par Marie-Lyne - Publié dans : mlvovan
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Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 22:06

Escapade sur les bords de la Vltava

 

 Auteur: Marie-Lyne

 

 

Le 22 octobre 2008

 

 

Valise à roulette et sac à dos, Hanh et moi nous nous engouffrons dans le RER pour arriver à l'aéroport CDG. Notre destination de vol est Hlavni' mesto Praha qui signifie Prague, la capitale de la république Tchèque. La monnaie est la livre tchèque : un euro égal à 25 cz.

 

Après deux heures de navigation aérienne, nous atterrissons, il est presque 23 heures; le taxi qu'on avait réservé de Paris nous attend. Trois quart d'heure de trajet et nous voilà devant l'hôtel qui se trouve en banlieue de la capitale. Les alentours sont déserts et les habitations me font penser aux bâtiments de béton construits dans les années 70. Il est temps de se plonger dans le monde des rêves.

 

 

Le 23 octobre 2008

 

 

Après le petit déjeuner, c'est l'aventure qui commence... Hanh avait déjà tout étudié : de l'hôtel on peut prendre le tram qui passe devant et continuer en métro. Avec un seul billet équivalent à un euro on peut voyager pendant 75 minutes par n'importe quel moyen de transport public : tram, métro et bus. La station du tram est à cinq minutes à pied, et j'essaie de retenir le nom ...Hlusickivo, hum hum pas facile mais il faut que j'imprime ce nom dans ma tête au cas où je m’égarerais, je suis parfois distraite et déjà d'office Hanh m'a remis la carte de visite de l’hôtel, précaution élémentaire mais nécessaire. Arrivés à la station Andël, nous descendons pour prendre le métro qui est profondément creusé dans les entrailles de la terre  et j'ai l'impression d'entrer dans le monde des troglodytes. Nous ressurgissons des profondeurs pour émerger pas loin du cœur de la vieille ville.....

 

L'histoire de Prague date de la fondation du château devenu après 870 le lieu principal de la dynastie bohémienne. La ville s'agrandit au 13ème siècle lorsque Wenceslas Ier, roi de bohème permet à des communautés allemandes de s'établir dans la région...

 

Pendant le règne de Charles IV (1346-1378), Prague se développe culturellement, fonde la première université d'Europe centrale (1348), la cathédrale Saint Vitus, le pont Charles. Elle devient l'une des plus grandes villes d'Europe centrale. En 1526 les Habsbourg, catholiques et autrichiens règnent sur la Bohême, Prague devient le siège de l'empire et connaît une période de prospérité jusqu'à la mort de Rodolphe II (1612).

 

En 1618, les nobles de Bohême se soulèvent contre la dynastie Habsbourgeoise, c'est le début de la guerre des trente ans. Après la défaite de la montagne blanche en 1620, les tchèques perdent leurs droits et privilèges, les Habsbourg se fixent à Vienne et Prague devient une ville de province.

En 1784, renaît la nation Tchèque, sont érigés le théâtre national (1881), l'université tchèque (1882), la fondation de l'académie des sciences et des arts (1890) et le musée national(1890).

 

Lors de la création de la Tchécoslovaquie en 1918, Prague devient la capitale de ce nouvel état et connaît un essor culturel de grande ampleur grâce aux musiques de Dvorak, Smetana, aux écrits de Rilke et de Kafka (le seul écrit que j'ai lu de lui c'est la métamorphose).

 

Pendant la seconde guerre mondiale la ville est occupée par les allemands mais ne subit pas beaucoup de dégâts matériels. Elle est ensuite libérée par les américains et les russes en 1945.

Après le coup d'état communiste en 1948 appuyé fortement par l'union soviétique, une nouvelle constitution communiste est proclamée.

 

Le dirigeant Dubcek qui désirait mettre en place un socialisme libéral est stoppé par l'arrivée des chars russes en 1968, c'est le printemps de Prague. En 1989, on assiste à la révolution de velours qui sonne le glas du régime communiste. En 1993 la Tchécoslovaquie se scinde en deux : la république Tchèque dont la capitale reste Prague et la Slovaquie.

La république Tchèque rejoint l'OTAN en 1999 et fait partie de  l'union européenne.

 

Voilà un bref résumé historique, quant à nous, nous émergeons de la station Müstek, on est dans le centre ville, une tour gothique s'offre à nos yeux ; elle est impressionnante, c'est la « powder tower », la tour poudrière bâtie en 1470. Pourquoi ce nom étrange ? Car elle contenait la poudre à canon au 17è siècle, cette tour marquait le début de la voie royale (la voie de couronnement des rois de Bohême). Devant cette petite splendeur (car on en verra bien d'autres), Hanh sort vite son appareil photo pour immortaliser cet instant ... horreur et déception, l'objectif refuse de sortir de sa boîte, ce n'est pourtant pas le moment !! Peine perdue, manipulations, tâtonnements; rien n'y fait, on continue notre chemin un peu déçus; heureusement que l'originalité des constructions, la diversification des architectures dissipent très vite ce petit désagrément.

 

On se dirige vers le cœur de la vieille ville. La place de la vieille ville qui était le marché principal de la ville royale de Prague, l’endroit préféré des visiteurs; elle est située du côté droit du fleuve Vltava, de la place Venceslas au pont Charles, elle incorpore maintenant le quartier juif, un des quartiers les plus antiques de Prague. L'aventure pour nous commence.

 

Des ruelles gothiques, des bâtiments baroques et de la renaissance se côtoient. De cet endroit on est subjugué: une église de pur style gothique «flamboyant» se dresse, on se croirait dans un monde intemporel; que des dragons crachant feu et flammes surgissent, cela ne m'étonnerait pas.....

 

C'est l'église notre dame de Tyne. On aperçoit qu'une partie de son édifice car elle semble coincée au milieu de bâtisses aux façades multicolores ornées d’enseignes. L'église est assez sombre, elle est décorée de flèches noires hérissées de tourelle de guet qui ne sont pas symétriques (représentation du masculin et du féminin dans le monde). Construite au 14ème siècle sur le site d'un premier sanctuaire gothique, notre dame de Tyne était de culte hussite jusqu'en 1620 (Jean Hus était un théologien universitaire réformateur religieux tchèque, le précurseur du protestantisme. Condamné par l'église pour hérésie, il finit sur le bûcher en 1415).

Au centre de la place la statue de Jean Hus a été élevée en 1915 pour commémorer le 500ème anniversaire de sa mort.

Les catholiques en prennent possession, le calice d'or de la façade est fondu puis transformé en statue de la Vierge.

 

Hanh et moi, nous entrons dans ce bel édifice. A l'intérieur une plaque en marbre rappelle l'astronome danois Tycho Brahe (1546-1601) qui était très populaire à la cour du roi Rodolphe II.

Une chaire et un baldaquin gothiques attirent les regards des fidèles. En sortant de l'église, une maison sur la droite attire les yeux, elle est toute simple mais l'angle est orné d'une cloche en pierre ; cette maison est utilisée pour des expositions temporaires et des concerts.

 

En face de nous se dresse l'hôtel de ville de la vieille ville (datant du 14è siècle) dominé par une tour haute de 70 m qui donne une vue sur Prague. Des groupes de touristes sont concentrés autour d'un bâtiment, «dame curiosité» nous invite, voire nous incite à les rejoindre. On est face à la fameuse horloge astronomique de Prague qui avait le but de représenter les orbites sensées tourner autour de la terre, elle indique aussi les signes du zodiaque qui avaient une grande importance au moyen-âge. Construite en 1410 par le maître horloger Hanus, elle évoque le passage du temps ;  à chaque heure, un squelette (représentant la mort) situé en bas de l'horloge brandit un sablier et tire sur une corde. En face du squelette deux personnages représentant l'allégorie du vice et de l’avarice, à sa gauche une statue représentant un turc ; c'est un rappel de l'invasion turque en Europe centrale au 16 et 17ème siècle. Au dessus de l'horloge, deux fenêtres s'ouvrent à ce moment là et les douze apôtres de l'Evangile défilent précédés de Saint-Pierre. Lorsque les fenêtres se referment, un coq doré perché lance un chant un peu rouillé par le temps.

 

La légende raconte que ce génial horloger eût les yeux crevés pour ne jamais reproduire une telle merveille. Grandeur et misère de l'être humain…

 

Après le chant du coq, les gens se dispersent et on continue notre marche. En face de l'hôtel de ville se trouve l'église Saint-Nicolas fondée au 18ème siècle, de style baroque qui est devenue de culte hussite, de nombreux concerts y sont organisés.

 

Plan à la main, Hanh me mène vers la place Venceslas qui est souvent appelée les Champs Elysées de Prague ; c'est une place tout en longueur très animée avec de nombreuses boutiques. Le sommet de la place est fermé par le musée national, avec devant la statue de Saint-Venceslas sur son cheval.

Nous bifurquons pour nous diriger vers le quartier juif qui s'étend sur une petite zone entre la place de la vieille ville et la rivière… mais un peu lassés par cette journée de marche, nous errons un peu dans le quartier pour rejoindre la station de métro Adel et rentrer à l'hôtel.

 

 

 Le 24 octobre 2008

 

 

Levés tôt, nous reprenons le même itinéraire de la veille mais munis cette fois ci d'un appareil photo en pleine possession de ses moyens. A la sortie de la station du métro, nous immortalisons les monuments et bâtiments de la vieille ville qui ont participé à la réputation de Prague puis nous flânons doucement vers le fameux pont Charles qui relie la vieille ville à la Mala Strena (quartier du centre de Prague qui abrite de nombreux châteaux , appelé aussi le petit côté en opposition avec la vieille ville). Les accès au pont sont défendus par deux tours, celle de la vieille ville est un chef d'œuvre d'art gothique (bâti au XIVème siècle).

 

Sur toute la longueur du pont, 75 statues sont érigées (qui sont hélas les copies des originaux). La plus ancienne est celle de Saint Jean Népomucène qui fut le prêtre confesseur de la reine sous le règne de Venceslas IV. Le roi, de nature méfiant et jaloux soupçonnait sa femme de ne pas lui être fidèle et voulut connaître les aveux de la reine mais Jean de Népomucène refusa de céder à la pression, il fut pour cela jeté par dessus le pont dans la rivière; c'est alors qu'une auréole dorée apparût à ce même endroit rappelant son martyre.

 

Nous sommes sur le pont. C’est un endroit très animé avec de petits stands d'artisanat local. Un groupe de musiciens joue un air de fox trot, deux dames esquissent des pas de danse sur le pavé.

Nous sommes du côté de la Mala Strana et nous nous dirigeons vers le quartier du château.

 

Devant un portail surmonté de deux combats de géants nous nous arrêtons, Hanh m'explique que c'est le palais présidentiel. Je lui fais remarquer que le symbole de cette demeure est assez agressive : le portail est surmonté de deux combats de géants... mais Hanh s'est trompé, il s'agit de l'entrée principale du château de Prague (Hradcany), c'est un quartier juché sur une colline qui comprend le palais royal, trois églises, un monastère et des jardins. Les arches sombres de la cathédrale Saint- Guy dominent le château et la ville. Nous prenons un billet valable deux jours pour avoir accès au Palais Royal, à la basilique, la ruelle d'or et les jardins royaux.

 

Nous débutons la matinée par la visite du palais royal, résidence des rois et des princes de bohème depuis la fondation du château, qui se caractérise par une façade aux couleurs pastel rouge et blanche. Une grande salle Vladislav nous ouvre ses bras: datant du XVème siècle, elle servait de salle de festin et de tournois de chevaux ; son vaste plafond est en style gothique (tardif me dit un connaisseur), cette salle sert actuellement à des cérémonies officielles comme la nomination du président ou de remise de médailles.

 

La galerie de peinture située dans une aile du château présente surtout des œuvres d'artistes flamands et italiens du XVI et XVIIème siècle, on retrouve des tableaux de Tintoret et du Titien.

 

 

La visite terminée nous allons voir la cathédrale Saint-Guy, mélange de style néo-gothique, renaissance et baroque au gré des modes des différentes époques. Les flèches jumelles gothiques marquent l'entrée principale, la tour sur le côté droit est dominée par un clocher Renaissance. Le toit de la cathédrale est bordé de gargouilles grimaçantes et effrayantes. A l'intérieur les voûtes s'élèvent à 33 mètres, les vitraux de part et d'autres filtrent la lumière. Derrière l'autel se trouve le tombeau en argent de Saint Jean Népomucène.

 

En sortant de la cathédrale nous nous faufilons dans la ruelle d'Or qui est une petite rue dans l'enceinte du château de Prague. Au XVe siècle les gardes du roi Rodolphe II se logeaient là. Plus tard les artisans, les artistes et les alchimistes s'y installèrent. Le nom de la rue vient de ces alchimistes qui cherchaient la pierre philosophale qui transforme le plomb en or.

Aujourd'hui, ces petites maisons sont devenues de petites boutiques d'artisans et de souvenirs.

 

Nous finissons la journée par la visite de la basilique Saint-Georges qui compte parmi les plus vieux édifices de Prague (fondée en 915-920 dans un style roman). L'intérieur de la basilique est simple avec des lignes pures qui contrastent avec les nombreuses églises baroques de Prague. Il fait sombre, nous repassons le pont Saint Charles. La tour gothique de l'entrée du pont est illuminée, quel spectacle ! le décor impressionne la foule et les flashes des appareils photos crépitent.

 

Nous prenons ensuite le chemin de l'hôtel pour nous reposer, arrivée à la station Müstek, je décide de faire un peu d'exercice: monter à pied les escaliers, la hauteur me semble accessible et je m'élance ... horreur, la montée me semble interminable, je compte les marches : 146 marches. Bien sûr personne ne m'a suivie, à mi chemin je regarde si je peux rebrousser chemin mais...alea jacta est, le sort est jeté et je continue péniblement à gravir les marches et j'arrive enfin à la sortie dans un état lamentable proche de la crise d'apoplexie. Hanh m'attend résigné et soupire, je crois que je lui ai fait honte. Le seul luxe dont j'aspire est mon lit bed sweet bed.....

 

 

Le 25 octobre 2008

 

 

Après le petit déjeuner, nous reprenons notre pérégrination, le temps est frais mais le soleil est au rendez-vous. Nous repassons devant l'horloge astronomique; il est 11 heures, le portillon s'ouvre et les douze apôtres défilent, le chant  du coq s’élève, les gens se dispersent... Hanh m'emmène du côté de la Mala Strena visiter le monastère de Strahov. Il fut fondé au début du XIIème siècle par Vladislav II. Il représente un des ensembles architecturaux romans les plus anciens de l'Europe.

Ce monastère a conservé une riche bibliothèque qui rengorge de beaux manuscrits enluminés mais il n'est pas encore ouvert et nous faisons l'impasse de cette visite. L'église abbatiale de l'Assomption de la Vierge domine le complexe, nous faisons que l'admirer de l'extérieur car la matinée est bien avancée et nous devons continuer.

 

Nous faisons chemin vers le jardin royal du château de Prague qui a vu le jour en 1534 par le roi Ferdinand. A l'origine, il servait de jardin d'acclimatation pour les plantes exotiques. Par amour pour sa femme Anne, ce roi commanda en 1538 un magnifique pavillon, le Belvédère, de style renaissance italien. Le toit a la forme d'une coque de bateau à l’envers, mais il est fermé au public, nous ne pouvons le voir que de l'extérieur. Devant ce pavillon, les jardins royaux s'étendent avec au centre une fontaine «  chantante » en bronze. Elle doit son nom au bruit que fait l'eau en tombant sur le bronze.

 

On se promène, les feuilles des arbres sont parées des couleurs merveilleuses de l'automne. Un édifice style renaissance attire nos regards, c’est le bâtiment du jeu de paume avec une peinture sur fresque.

Nous continuons notre ballade quand soudain la tour Eiffel se dresse devant nos yeux médusés…est- ce un mirage ? Non il s’agit de la tour de Pétrin, une tour en acier haute de 60 mètres construite en 1891 à l’occasion de l’exposition universelle de Prague qui se situe sur la colline de Pétrin et domine la ville.

On s’approche pour l’admirer de près puis on reprend le chemin vers le centre ville, là je fais pression sur Hanh pour l’achat d’un petit vase en cristal de bohème, un petit souvenir symbolique.

 

Le soir dans le lit, j’essaie de faire entrer dans mon petit crâne un peu de notion d’architecture. Aussi dans ma documentation, je découvre le style gothique (13 au 16ème siècle) comme notre dame de Tyn par exemple, le style romain comme la basilique Saint-Georges, le style renaissance comme le bâtiment du jeu de Paume, le style baroque comme l’église Saint-Nicolas, le style rococo comme le palais Kinskjo , le style classique et empire(fin du 18ème)  comme l’église Sainte Croix, l’art nouveau(19 et 20ème ) comme le palais industriel, le cubisme comme le palais Adrio… J’ai la cervelle en ébullition, je vais reposer mes idées pour aller faire un séjour dans le monde des rêves.

 

 

Le 26 octobre 2008

 

 

C’est la journée du départ, nos valises à la main nous repassons le centre ville, n’ayant point le temps de déjeuner nous nous arrêtons devant un marchand de sandwiches saucisses (une fois n’est pas coutume) et nous engloutissons rapidement cet en-cas.

 

Nous prenons le métro et arrivons à l’aéroport sans problème. Après les formalités habituelles nous reprenons le trajet vers la capitale de la lumière qui détient la « vraie » tour Eiffel.

Par Marie-Lyne - Publié dans : mlvovan
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Dimanche 16 août 2009 7 16 /08 /Août /2009 21:06

Auteur: Marie-Lyne


Depuis plus de 200 ans, l’Egypte est à la mode et sa côte de popularité ne cesse de croître……

 

Depuis la classe de sixième je n’ai point échappé à cette Egypto mania... Aussi Hanh m’offre-t-il une seconde croisière sur le Nil avec Le Caire et Abou Simbel en prime.

Un très bref résumé de cette grande civilisation va me permettre de situer les étapes de ce que fut la grandeur des pharaons.

  • De l’aube de l’humanité à l’époque thinite pas grand chose ; Narmer fut le premier roi (issu du  Sud)  à unifier la Haute et Basse Egypte vers 3200 avant Jésus-Christ, sa capitale fut This (d’où le nom de Thinites donné aux deux premières dynasties. De cette époque date le pschent : il s’agit de la double couronne (l’une blanche pour le sud, l’autre rouge pour la basse vallée), symbole que porteront les pharaons pendant plus de trois millénaires.
  • L’ancien empire (de la troisième à la sixième dynastie). C’est à cette époque que la pierre est de plus en plus utilisée dans les constructions surtout celles à vocation funéraire (mastabas). Les pyramides surgissent du sable, tout d’abord à degrés comme celle que le ministre architecte Imhotep réalise vers 2700 avant Jésus-Christ pour son  roi Djéser à Saqqarah. Puis sous les rois suivants, elles deviennent lisses : les plus célèbres restent celles des pharaons Kheops, Khephren et Mykérinos à Guizèh toujours aux environs du Caire.
  • Le Moyen empire (de la onzième à la treizième dynastie). Après le règne de Pépie II (le plus long de l’histoire de l’humanité puisqu’il monta sur le trône à six ans et mourut plus que centenaire). L’ancien empire s’acheva dans les troubles causés par les invasions dans le delta du Nil et des révoltes populaires….. S’ensuit ensuite une période riche et prospère en réformes de toutes sortes (entre autres le dieu Râ fut abandonné au profit d’Amon) qui pourtant s’achèvera comme la précédente, dans le chaos le plus total (vers 1700 avant JC). Les Hyksos, envahisseurs indo-européens venus d’Asie soumettent l’Egypte imposant leurs propres rois sous les dynasties suivantes. Leur armement était bien supérieur : ils connaissaient le fer, les chevaux et les chars de combat.
  • Le Nouvel empire (de la dix huitième  à la vingtième dynastie). C’est de la Haute Egypte que viendra la réunification en la personne d’Ahmosis roi de Thèbes. Le Nouvel empire correspond à la puissance de l’Egypte ancienne dans le Moyen Orient. Les pharaons qui s’y succédèrent portaient presque tous des noms prestigieux : Aménophis (il y en eu quatre), Thoutmosis (trois) ou Ramsès (onze).

Durant cette période plusieurs crises ébranlèrent le pouvoir essentiellement dû à l’influence des prêtres d’Amon. Grâce à leurs appuis on vit ainsi la reine Hatshepsout (1505-1484 avant JC) aller jusqu’à s’habiller en homme et porter une barbe postiche pour usurper le titre de pharaon. Pour briser leur influence, Aménophis et la reine Néfertiti (1372-1354 avant JC) imposèrent le culte monothéiste d’Aton)……

 



Samedi 26 Avril 2003

 

Départ le 26 avril à 3 heures du matin. Anne-line et Charly nous déposent à l’aéroport T3. En faisant la queue pour la pesée des valises, nous avons une prise de bec avec deux pimbêches que l’on croisera hélas durant tout notre séjour et en plus je me retrouve à côté d’un homme de forte corpulence qui n’hésitera pas à grignoter mon territoire pour passer devant. Enfin ce ne sont que des aléas de la vie.

Arrivée à 9h30 (10h30 heure locale) à Louxor, ville située sur la rive droite du Nil en Haute Egypte à 700 Kms environ du Caire. Il s’agit de l’antique cité égyptienne du Caire.

Nous montons dans le car et Adel, notre organisateur nous fait savoir qu’on fait partie d’un groupe appelé Crocodiles (il y a le groupe des Champollion, des Isis)

 

Nous montons sur le bateau où va commencer notre croisière  qui comprend la descente du Nil de Louxor à Assouan. Le karkadet nous est offert en guise de bienvenue (c’est une boisson à base d’hibiscus)

 

L’après midi est libre, nous nous reposons.

 

 

Dimanche 27 Avril 2003

 

C’est la visite du temple d’Amon à Karnak avec notre égyptologue Doa.

Le temple de Louxor est relié à celui du temple de Karnak par un dromos (allée bordée de sphinx). Il  fut érigé sous le règne d’Amenhotep III et fut modifié par la suite par Ramsès II qui ajouta notamment six statues et deux obélisques dont l’un fut offert à la France en 1831 et qui orne actuellement la place de la Concorde à Paris

 

 

C’est un ensemble composé d’un temple principal au centre dédié au dieu et où seuls les grands prêtres pouvaient y accéder. Autour s’étendent d’autres petits temples de tailles différentes.

Le temple d’Amon est entouré d’une enceinte en briques de terre dont l’ondulation rappelle les eaux primordiales du néant. Avant d’arriver au premier pylône, on traverse une allée bordée de sphinx à tête de bélier , animal sacré d’Amon. Entre les pattes de chaque bélier, le pharaon, protégé  par la bête. Ce pylône est le plus grand et le moins vieux des édifices car il fut érigé durant la période ptolémaïque (XXX ème dynastie).

Nous nous  retrouvons ensuite devant la grande cour bordée de portiques de chaque côté. Cette grande cour était autrefois couverte d’un plafond de bois qui abritait les barques sacrées.

 

Sur trois côtés des statues d’Osiris (piliers osiriaques), la salle hypostyle est très impressionnante ; elle est composée d’un ensemble de 134 colonnes massives dont les chapiteaux sont en forme de papyrus. Dans une autre salle se dresse l’obélisque dressé par le reine Hatshepsout (30 m de hauteur et pesant 200 tonnes)

Au bout du temple, on découvre à droite le lac sacré dans lequel les prêtres se baignaient selon un rituel précis. Non très loin se trouve un gros scarabée en pierre posé sur un socle. Il paraît qu’on peut faire un vœu en le contournant et c’est bien sûr la première chose que je fais (à l’heure où je rédige mon journal j’avoue que je ne me souviens même plus de la quête que j’avais demandée !!)

 

Après la visite du temple de Karnak nous nous dirigeons vers la nécropole thébaine située sur la rive gauche du Nil. C’était autrefois un monde où seuls les morts de haut rang étaient admis… Aucun vivant n’y résidait à l’exception des ouvriers de la nécropole et de quelques prêtres. Pour y arriver on traverse le pont de Louxor, mais avant d’arriver dans cet ancien royaume des morts  nous faisons un arrêt devant les colosses de Memnon hautes de 19.5 m, ces deux imposantes statues se dressent au milieu des champs.

 

 

Ils constituaient l’entrée du monument funéraire d’Aménophis III. Ces colosses représentent le pharaon assis, mains à plat sur les cuisses (symbole d’éternité). Au pied des statues, de chaque côté, la mère à gauche et l’épouse Titi à droite du pharaon. Aménophis III aura pour fils Aménophis IV (Akhenaton)

 

Dans l’antiquité, au début de notre ère, un tremblement de terre fissura les pierres. Dès lors, tous les matins, avec la dilatation due au soleil, le colosse de gauche émettait des sons comparables à ceux d’une cithare. Pendant l’époque gréco-romaine, des gens venaient de partout, y compris l’empereur Hadrien pour écouter le chant mélodieux du colosse. Ainsi ils se virent endosser Memnon par les grecs (Memnon, fils d’Aurore mort au combat se réveillait tous les matins et chantait à l’aube !!)

L’empereur Septime Sévère qui ne supportait plus ces pèlerinages fit fermer ces orifices et depuis les colosses restent muets devant l’éternité.

Après avoir salué ces deux imposants personnages en pierre, c’est la visite des tombes pharaoniques. A la descente du car on nous fait embarquer dans un petit train  (vraiment pour les simples touristes que nous sommes), car on pourrait y arriver à pied en cinq minutes !!
La première tombe visitée c’est celle de la reine Néfertiti, il ne reste pas grand chose à voir, elle est pratiquement vide. Dans un coin de la tombe, un fœtus  presque intact est exposé aux regards humains…. Il s’agirait d’un des fils de Ramsès III. Je sors vite de cet endroit lugubre. Nous avons la possibilité de visiter trois tombes de rois ou reines sur les 42 découvertes, la plus récente étant celle de Toutankhamon trouvée en 1922 par Cartier. Hanh et moi choisissons d’explorer la tombe de Thoutmosis III cachée dans une faille de la montagne et pour y parvenir nous grimpons un escalier en fer. La montée est pénible, toute en pente. La première pièce est vide, deux gros piliers semblent soutenir cette grotte. On descend ensuite un escalier pour arriver dans la chambre funéraire de forme ovoïde. Le plafond est d’un bleu étoilé, cette sobriété  donne un aspect mystérieux à cet endroit. Les couleurs sont quasi absentes. Thoutmosis III, fils de Thoutmosis II fut viré du trône par sa mère Hatshepsout… A la mort de  sa mère, il fit marteler tous les portraits de cette dernière.

 

C’est ensuite  la visite de la tombe de Ramsès III qui fut le dernier grand roi de la XXe dynastie. A l’entrée le couloir qui nous mène vers la chambre funéraire est couvert de textes tirés du livre des litanies du soleil .De belles fresques sont hélas masquées par des vitres en plexiglas. La dernière tombe  qu’on voit c’est celle de Ramsès IX ; plus grand chose à voir sauf un sarcophage en granit rose.

 

De retour sur le bateau, nous commençons la croisière qui devra se terminer à Assouan. Le bateau se dirige vers l’écluse d’Esna, cinq heures de navigation (de 12h30 à 18h30). A Esna, en attendant le passage de l’écluse, des marchands sur de petites embarcations proposent des nappes, des vêtements aux touristes. Avec une prodigieuse adresse, ils lancent leurs marchandises sur le pont du bateau. Si quelqu’un est intéressé, il met la somme due dans un sac en plastique et le jette sur l’embarcation en question. C’est amusant de suivre des yeux ce lancer de projectiles. Quelquefois une personne maladroite vise mal et fait tomber à l’eau la marchandise non voulue, et là c’est un concert de râles. En tous les cas, beaucoup de transactions sont faites car il y a une soirée déguisée prévue ce soir. Pour l’occasion Hanh a revêtu son ensemble de pyjama vert avec le cartouche de Toutankhamon (acheté lors de notre premier voyage en Egypte) ; quant à moi  je porte un voile noir agrémenté de bijoux fantaisistes accrochés sur le pourtour du voile. La soirée se passe très agréablement. Une surprise nous est faite : un gâteau d’anniversaire est apporté à notre table (eh oui Hanh a pris un an de plus ce jour là), Happy birthday  Hanh, tout le monde se met à chanter ce refrain en l’honneur de mon époux. Nous partageons cette pâtisserie avec toutes les personnes à notre table !!!!!

 

Lundi 28Avril 2003

 

Pendant la nuit le bateau a continué sa traversée et on se retrouve à Edfou. On sort du bateau où une calèche nous attend. On traverse le souk, beaucoup de marchands nous sollicitent et cela en devient pénible. Tant bien que mal nous nous retrouvons devant le temple d’Edfou consacré à Horus. Ce temple est enserré dans une impressionnante muraille. Il est étonnamment bien conservé du fait qu’il fut pendant de longues années enfoui dans le sable. On passe une cour, deux salles hypostyles, des chapelles et au fond un sanctuaire. Les salles s ‘amenuisent au fur et à mesure que l’on s’approche du sanctuaire. Sur le mur sont gravés les rituels, les cérémonies et les unions des dieux. Tout est grandiose.

 

On reprend notre chemin vers le bateau qui va reprendre sa route vers Kom-Ombo. A midi on apprend que la mère d’un de nos compagnons de table est partie dans le royaume des disparus. L’atmosphère est lourde, d’autant plus que l’on avait sympathisé, ce couple habitait dans le patelin de ma mère en Bretagne ! Humain, on est peu de choses dans cet univers.

 

 

A 18 heures on arrive à destination et on se tient en extase devant le temple dédié à Horus, le dieu faucon et Sobek, la divinité crocodile. Le soleil couchant darde ses derniers rayons sur ce temple. C’est magnifique, sublime, impressionnant, je ne peux trouver de termes pour décrire mon émotion, on se croirait dans un lieu de science fiction. C’est une structure traditionnelle avec une grande cour, un vestibule, une salle hypostyle puis des doubles antichambres (pour les dieux Horus et Sobek) et évidemment deux sanctuaires. Dans la grande cour se trouve un nilomètre, puits au fond duquel des escaliers de faible hauteur permettaient de mesurer le niveau des crues du Nil. Accolée au mur d’enceinte se trouve la petite chapelle d’Hathor où l’on peut voir trois crocodiles momifiés. Sur l’un des murs de l’étroit passage entourant la salle hypostyle, des gravures représentent des instruments de chirurgie utilisés à cette époque.

 

Le soir dans le bateau nous avons droit à un spectacle de danse du ventre et une démonstration de derviche tourneur.

 

 

 Mardi 29 Avril 2003

 

 

Pendant toute la nuit le bateau continue sa lente traversée vers Assouan. Après le petit déjeuner nous montons sur la passerelle et nous admirons le paysage avant de commencer notre virée car le souk n’ouvre pas avant dix heures. Sur le côté du bateau, une petite barque  faisant fonction « de videurs maritimes» vient  récupérer  tous les sacs poubelles provenant du bateau et déjà certains éboueurs commencent à faire le tri.

 

On va enfin nous rendre dans la ville d’Assouan réputée pour ses épices. Avec un autre couple, l’aventure commence. Une petite marche le long des berges  et l’on arrive au marché. Les étals d’épices sont prêts et semblent accueillir tous les acheteurs: cumin, safran, coriandre, tamarin en boule, curry … Parmi ces épices on trouve du bleu indigo qui sert à blanchir le linge !!

 

Nous nous arrêtons devant les échoppes mais devant l’insistance des marchands nous poursuivons notre chemin. Une calèche  ralentit, le cocher nous propose un tour en ville moyennant un prix dérisoire, cela ne nous intéresse pas car nous voulons découvrir les charmes de la ville à pied. Nous continuons notre marche mais la calèche continue à nous suivre. Devant son insistance, on se concerte et décidons d’accepter son offre (environ 10 livres égyptiennes). Après un court trajet, le cocher s’arrête devant une parfumerie, il doit sûrement être de mèche avec le propriétaire de ce magasin. Devant notre refus de tout achat, il continue la route et nous dépose devant une autre partie du souk pour que l’on puisse se promener et faire nos achats. Dans le marché je trouve des goyaves, ma gourmandise naturelle me dicte d’en prendre quelques uns, mais déception ils sont trop mûrs. En passant devant une petite boutique mon regard s’attarde sur une nappe damassée bleue. La couleur et le tissu sont satisfaisants et je commence mon marchandage. Après une longue discussion, on tombe d’accord sur le prix de 10 euros, le prix incluant une nappe et dix serviettes.

Hanh tend un billet de vingt euros et le marchand rend la monnaie en livres égyptiennes avec un cours en dessous du taux actuel tout en refusant d'ajouter les serviettes en nous affirmant que ce n'était que le prix de la nappe. Je m'énerve et suis obligée de rajouter dix livres égyptiennes pour obtenir les serviettes, et pour combler le tout ce marchand commençait à devenir agressif...

 

Mon paquet sous le bras, je sors de cet endroit avec une furieuse envie de rentrer sur le bateau. Un peu plus loin un jeune gamin demande à Hanh d'échanger des pièces en euros contre des livres. Pour lui rendre service, Hanh accepte mais au moment de la transaction, Hanh s'aperçoit qu'on veut encore le rouler. On est tous deux très énervés, que c'est pénible d'être sur nos gardes et de ne faire confiance à peu de monde ici !!!!

On revient à la calèche qui nous mène devant la gare d'Assouan et commence à prendre un itinéraire douteux. On commence à nous angoisser mais finalement il nous ramène au bateau. Ouf, on est rassurés mais naturellement le prix qui nous est demandé est supérieur à celui de base.

 

Nous allons ensuite visiter le barrage d'Assouan qui se trouve à 4 kms de la ville. Construit entre 1898 et 1902, il était à l'époque le plus grand barrage du monde.

Mais l'explosion démographique, le développement de l'industrie et de l'agriculture révélèrent rapidement l'insuffisance de ce barrage.

En passant, nous apercevons la première cataracte. Puis c'est le temple de Philae qui s'offre à notre vue. Il est splendide !

 

Ce temple date du IIIème siècle avant JC. A l'origine, on vénérait Isis. Plus tard ce temple fut transformé en église par les coptes. En 1902 ce magnifique ouvrage avait les pieds dans l'eau. De 1972 à 1980, l'UNESCO déplaça le temple de Philae à celle d'Agilka. Pour y accéder il faut y aller en bateau. Après avoir grimpé les marches du débarcadère on arrive à une grande esplanade bordée de portiques. Au fond, un escalier mène au temple d'Isis. Il y a des scènes d’offrandes, plusieurs antichambres avant d'arriver au sanctuaire. Tout au fond se trouve le saint des saints, un naos de granit noir. A droite du grand temple se trouve le kiosque de Trajan qui aurait servi de reposoir et d'embarcadère.

Avant de regagner le bateau petite escale dans une parfumerie.

Au retour dans notre chambre, les hommes de cabine nous guettent. Hanh ouvre la porte et nous voyons  sur le lit une serviette de toilette pliée en forme de singe avec une carte postale à côté. Nous leur laissons un pourboire.

 

Mercredi 30 Avril 2003

 

Nous quittons le bateau pour aller à Abou Simbel en car avec un panier repas préparé. Nous sommes escortés par une voiture de police. Arrivée à Abou Simbel vers 14 heures. Il fait une chaleur torride. Nous marchons quelques minutes avant d'apercevoir le grand temple gardé par les quatre colosses de Ramsès II, hauts de vingt mètres. Ce temple n'était pas destiné aux divinités mais au grand pharaon mégalomane Ramsès II.

 

Le colosse de gauche est le mieux conservé, il représente le visage de Ramsès jeune, celui de droite le représentant plus âgé.

Aux pieds du roi-dieu entre ses jambes, on voit sa femme Néfertari et sa mère, les membres préférés de sa famille.

 

En entrant dans la salle on est impressionnés : elle est ornée de huit piliers osiriaques (avec la tête de Ramsès II). La grande paroi latérale droite représente la fameuse bataille de Qadesh qui ne fut gagnée par personne. On distingue aussi des scènes d’entraînement militaires.

 

Dans la deuxième salle hypostyle aux quatre gros piliers carrés, on trouve des scènes sculptées (offrandes, présentation de la barque sacrée devant le roi et la reine), l’accès de cette salle était réservé aux prêtres. Dans le sanctuaire ou Naos, quatre statues très mutilées représentent le pharaon et les divinités. Deux fois par an (21 février et 21 octobre) ces statues sont éclairées par le soleil qui les « régénère ». Seul Ptah (celui de gauche) n’est jamais éclairé car il serait le dieu des ténèbres.

 

Nous sortons de ce lieu magique pour nous rendre au temple d’Hathor ou le temple de la reine. Sur les six statues de la façade, deux représentent la reine et quatre Ramsès II. A l’intérieur, les couleurs ont gardé leur vivacité. Sur les deux parois (côté porte d’entrée) les scènes classiques d’exécution des prisonniers devant la reine. Dans le Naos se trouve la vache d’Hathor peu reconnaissable.

 

Nous quittons Abou Simbel et regagnons le Caire en avion (1h10 de vol).

Nous sommes accueillis à l’hôtel Sheraton et le repas du soir est très agréable. Nous dînons dans un jardin bien fleuri : mezzés, velouté de tomates, crêpe orientale avec une sorte de saucisse de Strasbourg. Il est tard ;  allons faire un petit tour dans le monde des songes.

 

Jeudi 1er Mai 2003

 

Nous allons régaler nos yeux par la visite du musée égyptien au Caire. Nous traversons Héliopolis (la ville du soleil) qui n’était à l’origine qu’un vaste désert en bordure du Caire. Le grand-père de l’actuel baron Empain en fit une ville !!

Nous passons devant une construction originale faisant penser à un temple cambodgien, c’était la demeure de la famille Empain.

 

Nous, voici devant le musée du Caire. A l’entrée de droite est exposée une copie de la pierre de Rosette (l’original étant au British Museum à Londres) qui permit à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.

 

Le rez de chaussée est consacré à la sculpture. Nous commençons par la salle 42 qui regroupe quelques œuvres fondamentales. La statue du centre est très belle, elle est en diorite (pierre particulièrement très dure utilisée comme outil pour sculpter les temples pharaoniques) et représente le pharaon ; derrière lui le dieu faucon Horus déploie ses ailes comme pour le protéger. A gauche se trouve une étonnante statue en bois représentant un notable bien enrobé, les yeux semblent réels. Dans la salle 32, il y a une vitrine : un nain et sa famille (les difformités physiques étaient respectées). Sur le mur de droite, la peinture des fameuses oies de Meïdom. En regardant de près on voit même que certaines de ces volailles ont des dents (c’est une fresque la plus ancienne de l’époque pharaonique que l’on ait découvert).

 

Nous montons au premier étage car le trésor de Toutankhamon nous attend : cette tombe fut découverte en 1922 par l’égyptologue anglais Howard Carter (il fit couler tant d’encre !!!)

Le sarcophage est en or massif (110,4 kg), au centre de la pièce le masque du pharaon ;  la fascination touche tout le monde et l’on sort de ce bâtiment tout songeur et admiratif. Hanh et moi on est décalés, durant un bref instant nous avons fait un voyage intemporel. Mais il faut revenir à la réalité, on appelle la France pour avoir des nouvelles des enfants.

 

Vendredi 2 mai 2003

 

Le voyage tire à sa fin. Nous allons nous rendre devant les pyramides de Guizèh(ou Giza) qui sont situés à une quinzaine de kilomètres du Caire. Ces pyramides sont des tombes gigantesques destinées aux pharaons Khéops, Khephren et Mykérinos. Devant celle de Khephren se dresse le Sphinx aux longues pattes (il me rappelle Koka quand elle prend la pose pour se dorer au soleil devant la porte d’entrée de notre pavillon à Choisy le Roi). Devant l’une des sept merveilles du monde, nous sommes contemplatifs. Une brume matinale empêche de tout voir mais petit à petit, le soleil lève le voile et darde ses rayons. Les sempiternels vendeurs de cartes postales et de souvenirs sont présents. Nous passons devant un étrange bâtiment qui renferme la barque solaire en cèdre du Liban qui devait transporter l’âme du défunt pharaon dans l’au-delà.

 

Le sphinx se trouve à 300 mètres de la pyramide de Khephren. Ce félin mythologique était censé veiller sur la nécropole ; la barbe et le nez furent anéantis par les mamelouks (membres d’une milice formée d’esclaves affranchis) qui s’entraînaient au tir de canon.

 

Après cette projection dans l’histoire de cette grande civilisation nous retombons dans le présent avec une visite pour les touristes dans une fabrique de papyrus.

 

Le repas du midi est très agréable car à l’entrée nous sommes accueillis par trois musiciens (tambour, tambourin et instrument à corde). Pendant le repas, ils viennent jouer devant chaque table mais insistent lourdement pour avoir un pourboire, ce qui gâche un peu l’ambiance. A côté de nous, une femme complètement voilée mange avec lenteur, elle soulève son voile pour manger…autre pays autres mœurs.

 

Samedi 3 mai 2003

 
Visite du souk avec un groupe agréable pour les derniers achats.

 

Décollage à 19 heures et arrivée à Paris à 3h30. Nous devons prendre le RER mais il est encore trop tôt, tout est fermé. Heureusement qu’un couple très sympathique nous ramène chez nous. Merci Guy et Marie-Jo. J’espère que l’on se reverra !!!

Par Marie-Lyne - Publié dans : mlvovan
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